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Turquie : les chrétiens syriens auraient souhaité fêter Noël ailleurs !

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  • Déc 25
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Les quelques 5000 chrétiens syriens arrivés en Turquie depuis 2011 attendent à Instanbul de pouvoir rentrer chez eux ou franchir les frontières pour aller en Europe. Ils auraient désiré célébrer Noël ailleurs cette année.

À Samatya, l’un des quartiers les plus anciens d’Istanbul, Razan Karoni, qui a fui Damas avec sa sœur il y a 16 mois à cause de la guerre explique :

«Je n’aurais jamais imaginé être ici pour Noël, si vous me l’aviez demandé il y a quelques années”.

Pour les trois millions de Syriens réfugiés en Turquie (dont 5000 chrétiens), le combat est le même : il s’agit de survivre en attendant l’occasion de rentrer chez eux ou de se déplacer en Europe ou ailleurs.

Naïm Leziye, un riche entrepreneur de 40 ans réfugié à Istanbul mais qui cherche à rejoindre l’Allemagne pour y retrouver sa famille explique :

“Je manque nos fêtes de Noël à la maison”, dit-il. “Mais je ne peux rien faire. Mes mains sont liées.”

“>L’année dernière, en effet, un groupe de trafiquants lui a volé son passeport et le reste de son argent avec des fausses promesses de visa pour l’Allemagne
Sans papier, sans argent, et avec le durcissement des conditions d’entrée en Europe, Naïm se retrouve bloqué en Turquie.

Une situation d’autant plus difficile, que, comme les autres réfugiés chrétiens syriens en Turquie, il fait face à plus de difficulté que ses homologues musulmans en raison de sa réticence à s’inscrire auprès de l’agence gouvernementales pour les réfugiés, une exigence pour accéder à un travail, aux soins de santé et à l’éducation.

Si les chrétiens refusent d’aller dans les camps, c’est que, comme la communauté chrétienne en Syrie n’avait pris parti ni pour le régime, ni pour les rebelles, se retrouvent persécutés des deux côtés : ceux qui ont favorisés les partisans du régime sont harcelés par les rebelles et inversement, sans compter sur la peur que les extrémistes les repèrent.

Refusant de se retrouver dans les camps gérés par le gouvernement, ni dans le camp spécifiquement construit pour les non-musulmans à la demande de la Fondation Syric Kadim et d’autres groupes chrétiens, les Syriens ne souhaitent qu’une chose : retourner chez eux ou aller en Europe.

Comme l’explique Tuma Celik, un membre actif de la communauté chrétienne syrienne, avec le vécu des Syriens rempli d’histoire de meurtres, de prosélytisme forcé et de persécution, le réflexe syriaque innée est de s’échapper. Malgré la proposition de rester en Turquie en proposant des terres agricoles gratuites, des logements au monastère et des foyers locaux, presque tous ont refusé ces offres et sont partis.

Avec la signature d’un accord avec l’Union Européenne pour contrôler le flux des migrants, de nombreuses ambassades turques dans la région n’accordent plus de visas aux Syriens, ce qui est un autre obstacle pour ceux qui tentent de fuir le pays, même lorsqu’ils ont des parents en Europe.

Les chrétiens syriens qui ont réussi à traverser la Turquie et qui n’ont pas de parents en Europe n’ont pas plus de chance d’obtenir des visas que leurs compatriotes musulmans, car même s’ils se réfèrent souvent à l’Europe comme une terre soucieuse des chrétiens, ce n’est pas le cas dans la pratique.

Face à la réthorique pro-musulmane du gouvernement Turque, même si elle n’est rien comparativement à la violence subie par les chrétiens aux mains de l’Etat islamique en Syrie et en Irak, les Syriens veulent vivre dans des communautés chrétiennes, ce que l’Europe en reconnaît pas.

“Jusqu’à présent, seuls l’Australie, la Suède et les États-Unis ont manifesté un intérêt particulier pour les chrétiens de Syrie et d’Irak” explique Turgay Altinisik, un membre de la Beyoglu Virgin Mary Syriac Orthodox Church Foundation.

L’Australie a en effet offert des entrevues pour l’obtention de visas pour 20 familles chrétiennes. Parce que c’était difficile de faire un choix, une fondation a proposé une liste d’une centaine de personnes, laissant aux autorités australiennes d’immigration le soin de choisir.

“À notre grande surprise, ils les ont tous acceptés”, a déclaré Altinisik.

L’église où séjournent les réfugiés a annulé ses célébrations, par reconnaissance à la souffrance dans la région. Pour ceux qui y séjournent, Noël est toutefois synonyme de sécurité.

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