Chrétiens d'Irak

Les chrétiens assyriens fêtent Noël dans leurs maisons dévastées

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Les chrétiens assyriens, qui avaient passé les dernières fêtes de fin d’année dans des camps de personnes déplacées en Irak ou dans des camps de réfugiés dans les pays voisins, sont de retour dans les villages autour de la ville de Mossoul et célèbrent Noël dans leurs maisons dévastées dans la plaine de Ninive.

Pendant près de 1500 ans, les cloches avaient sonnée pour appeler à venir célébrer Noël ensemble jusqu’à l’invasion « génocidaire » de l’État islamique. Restaurer les églises vandalisées et détruites par les djihadistes, sonner les cloches pour la première fois de nouveau à Noël est un geste symbolique fort d’espoir pour l’avenir.

Cette année encore, Noël sera plus amer que doux pour les Assyriens de l’Irak et de la Syrie avec des rappels constants de la tristesse et de la perte, et une menace encore là en raison de la présence de partisans de l’islam extrémiste.

En presque 2000 ans de présence en Irak et en Syrie, les Assyriens, et particulièrement les chrétiens assyriens auront beaucoup souffert, comme en témoigne un rappel bref de leur histoire.

Il y eu un temps où l’Assyrie était prospère et s’étendait de Chypre à l’Iran et du Caucase à l’Égypte, mais les invasions successives et les massacres ont diminué à la fois la zone géographique de l’Assyrie et sa population. Avant d’adopter le christianisme, les Assyriens adoraient un certain nombre de dieux, comme notamment Astarte, la déesse assyrienne et babylonienne de la fertilité, l’étoile du matin. Pour la vénérer, ils lui ont construit des temples à Ninive (à côté de ce qui est maintenant la ville de Mossoul) et à Arbel (aujourd’hui Erbil en Irak).

Les Assyriens, devenus chrétiens au premier siècle après Jésus-Christ après une longue période de polythéisme ont commencé à construire des monastères, des églises et des cathédrales qui font aujourd’hui partis de l’héritage culturel de l’Irak et de la Syrie.

Les cloches d’église assyriennes ont alors sonné pour célébrer Noël chaque année, même lorsqu’il y a eu peu de choses à célébrer. Récemment pourtant, en tant que groupe minoritaire ethnique et religieux dans leur patrie, ils ont subit la persécution.

A commencer par les génocides assyriens et arméniens de 1915-18 menés par les Turcs ottomans qui ont entraîné la mort de centaines de milliers d’Assyriens. En 1933, le massacre de Simele par les Arabes et les Kurdes de l’Armée irakienne dans le nord de l’Irak a de nouveau endeuillé les Assyriens.

À partir de 2003, ce sont cette fois-ci des groupes islamiques qui ont multiplié des attaques contre les chrétiens assyriens. En 2014, enfin, lorsque l’État islamique a lancé son offensive brutale dans la plaine de Ninive dans le Nord de l’Irak, les Assyriens sans armes ont été forcés de fuir les villes de Qaraqosh et Mossoul et les villages environnants dans lesquels ils avaient vécu pendant des siècles.

Ceux qui n’avaient pas réussi à échapper risquaient de subir des tortures, des enlèvements, des tentatives de conversion forcée et de mort (y compris par la décapitation ou la crucifixion). D’autres groupes minoritaires comme les Yazidis dans le nord de l’Irak étaient également visés par l’État islamique.

Le sort des Yazidis a été particulièrement horrible : des hommes ont été tués, des femmes et des jeunes-filles ont été emprisonnées comme esclaves sexuelles, et des garçons yazidi ont été enlevés et formés pour devenir membres de l’État islamique.

Dans la Syrie voisine, les attaques de l’État islamique contre les Assyriens et les autres chrétiens étaient si sévères qu’elles ont été déclarées génocidaires par divers gouvernements à travers le monde.

En plus de tenter de détruire la population assyrienne, l’État islamique a également tenté d’effacer toutes les traces de l’Assyrie chrétienne et pré-chrétienne, détruisant les monastères historiques et les églises en Syrie et en Irak, ainsi que d’anciennes sculptures.

Face à la menace, les Assyriens et les Yazidis ont plaidé pour que la communauté internationale établisse un refuge pour eux sur leurs terres ancestrales, afin qu’ils puissent y retourner pour reconstruire leurs communautés détruites.

L’ambassadrice de bonne volonté de l’ONU, Nadia Murad Basee, une Yazidi qui a échappé à l’esclavage de l’État islamique, a récemment fait une déclaration à l’Union européenne:

« Nous demandons à l’Union Européenne et à tous ceux qui s’intéressent au sort de la Syrie et de l’Irak, des Yazidis, des chrétiens et des autres minorités vulnérables de Sinjar et de la plaine de Ninive qu’ils établissent une zone de sécurité pour eux. » Elle a ajouté : » Si le monde ne peut protéger les Yazidis dans notre patrie, nous demandons à l’Europe de nous donner un nouveau foyer sûr ».

Isabelle Goepp

Diplômée d'un master II de psychologie de l'éducation, Isabelle a travaillé pendant une vingtaine d'année dans le domaine médico-social. Désireuse d'approfondir sa connaissance de la Parole de Dieu, elle s'est formée pendant un an à l'Institut Biblique Européen.

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