Chrétiens persécutés

Azerbaïdjan : des chrétiens condamnés pour activités illégales

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Gamid Shabanov et Mehman Agamemedov, deux dirigeants de l’église azerbaïdjanaise ont été condamnés  à une amende de 1 500 manats  (850 dollars) chacun pour avoir tenu une réunion de prière «illégale».

Le matin du 27 novembre dernier, une douzaine de policiers a interrompu une réunion de prière à la maison de Gamid et Ginayat Shabanov à Aliabad, un village du sud de l’Azerbaïdjan.

Une trentaine de chrétiens ont été arrêtés pour être interrogés. Leurs noms et leurs passeports ont été consignés. Après avoir dressé un inventaire de toute la littérature chrétienne dans la maison,  les autorités de police ont ensuite conduits 26 d’entre eux au poste. Si 22 d’entre eux ont été libérés rapidement ce soir là, Gamid et Ginayat Shabanov, les responsables de l’église, un deuxième leader, Mehman Agamemedov et un autre chrétien ont été détenus pendant toute la nuit.

Libérés le lendemain après avoir été condamnés à verser une amende, ils ont été avertis solennellement de ne plus tenir aucune autre réunion, sous peine de nouvelles peines plus graves :

« Chacun de vous peut prier dans sa propre maison, mais les réunions sont interdites, sinon vous serez arrêtés à nouveau – avec des conséquences plus graves qu’une simple amende », leur a déclaré la police, selon une source locale de World Watch Monitor (WWM).

La télévision nationale, qui a relayé l’information, a rapporté que plusieurs personnes, non spécifiquement identifiées comme « chrétiennes », ont été arrêtées « pour des activités religieuses illégales » et pour avoir « répandu des doctrines religieuses illégales ».

« On dirait que nous sommes une sorte de secte! », a déclaré Agamemedov à  WWM.

Les réunions religieuses dans les maisons privées sont interdites en vertu de la loi azerbaïdjanaise, qui stipule que seules les organisations religieuses enregistrées peuvent organiser des réunions de prière ou de culte.

Tout Azerbaïdjanais accusé d’activité religieuse illégale est passible d’une amende lors d’une première infraction et d’une peine de prison au cas où il récidiverait.

Selon l’organisation qui travaille au côté des chrétiens persécutés Open Doors International estime qu’il y avait 6 000 chrétiens en Azerbaïdjan en 1997, un chiffre qui a triplé depuis.

Malgré une constitution qui permet sur le papier la liberté de culte, les amendements fréquents et les interprétations subjectives de la loi posent de sérieux problèmes. Les églises enregistrées sont en effet soumises à des réenregistrement régulier et obligatoire, poussant certaines églises à choisir plutôt la clandestinité.

Les activités religieuses non enregistrées et la possession de littérature religieuse sont sanctionnées d’amendes lourdes. L’infiltration d’églises et les peines de prison courtes sont également utilisées pour nourrir les soupçons.

« Le gouvernement a une attitude négative envers toute forme de fanatisme religieux », explique Open Doors. « Cela s’applique également à l’attitude envers les chrétiens. Les contrôles officiels deviennent de plus en plus stricts. Le gouvernement est devenu plus actif dans le contrôle de la religion. « 

Dans ce contexte, « le défi constant pour les pasteurs est de supporter les efforts constants des autorités pour empêcher leur travail » ajoute l’organisation pour les chrétiens persécutés.

La Rédaction

L'équipe du Journal Chrétien est composée des journalistes, pasteurs, théologiens et intellectuels chrétiens.

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