Chrétiens du Nigeria

Nigeria : les musulmans pressent les chrétiens d’abandonner leur foi

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Si les attaques violentes de la part des militants islamistes Boko Haram et des éleveurs Fulani contre les chrétiens au Nord du Nigeria ont attiré l’attention des médias, les pressions sociales persistantes auxquelles ils sont confrontés passent presque totalement inaperçues.

Dans le nord du Nigeria où s’applique la loi islamique, contrairement aux idées reçues, les chrétiens majoritaires dans près de 12 États  sont théoriquement exonérés de la charia. Pourtant, la réalité est tout autre, comme l’a décrit World Watch Monitor sur son site internet. Dans une communauté éloignée au Nord-Ouest dans l’État de Kebbi, les chrétiens font face à une forte discrimination et à une pression persistante pour se convertir à l’islam.

L’État de Kebbi, qui a été créé le 27 août 1991 et est entré sous la charia en Décembre 2000. Bien que cet État soit parfois appelé la «terre de l’équité», les chrétiens, qui constituent un quart de la population, disent qu’ils sont traités comme des personnes de seconde classe.

C’est le cas, par exemple à Danbango, un village qui fait parti de l’une des 21 zones de gouvernement local à Kebi où un grand nombre d’ habitants, traditionnellement animistes, se sont convertis au christianisme après la visite des missionnaires en 2012. Mais après la visite, plus récente, de musulmans, beaucoup de personnes se sont converties à l’islam. Selon les chrétiens du village, beaucoup disent qu’ils ont dû faire face à la pression pour le faire, ou ont reçu certaines promesses dans le cas où ils deviendraient musulmans.

Un villageois chrétien a notamment raconté que les musulmans avaient promis des forages, des écoles et des cliniques s’il se convertissait.

Un autre a expliqué : « Quand mon fils est devenu très malade, je l’ai emmené à l’hôpital, mais les médecins m’ont dit qu’ils ne lui donneraient un traitement qu’à condition que j’abandonne ma foi chrétienne. J’ai refusé et je l’ai ramené chez lui. Quelques jours plus tard, il est mort. »

Le chef d’une église locale, Joshua Wede, a dit que son église a également connu des problèmes.

« Le chef de district de Yauri, accompagné d’un groupe de musulmans, est venu à notre église et a perturbé le service de culte « , a t-il dit. « Ils nous ont battus et ont affirmé que le terrain sur lequel notre église était bâtie n’était pas approuvé par le gouvernement. Mais il appartient à l’un des membres de l’église, qui nous l’a donné pour la construction d’une salle de culte. La mosquée à proximité n’a pas été détruite malgré le fait qu’elle n’ait obtenue aucune autorisation complémentaire pour construire non plus. »

Les pressions ne s’arrêtent pas là, puisque le 11 mai, ces mêmes chrétiens ont été frappés à nouveau et soumis à des travaux forcés. Ils n’ont pas eu l’occasion de communiquer avec un avocat, mais certains responsables ont expliqué que s’ils plaidaient coupables, ils seraient libérés. N’ayant personne à qui parler et personne qui puisse les défendre, ils ont finalement plaidé coupable.

Cette affirmation était un mensonge puisque, lorsque le jugement définitif a été adopté le 18 mai, les chrétiens ont été condamnés à trois ans d’emprisonnement avec travaux forcés et une amende de 150 dollars chacun.

Un autre responsable d’église, nommé Kabiru, a ajouté: «J’ai été arrêté à de nombreuses reprises sur de fausses accusations et j’ai été emprisonné trois fois. Il s’agit tout simplement d’un effort pour empêcher l’évangélisation.  »

Les discriminations dans l’Etat de Kebbi sont nombreuses, comme l’a rapporté l’organisation Portes Ouvertes International, un organisme qui soutient les chrétiens persécutés. Certaines églises ont par exemple été déplacées de la ville à la périphérie et les démarches pour obtenir un permis de construire pour les églises sont très difficiles. Dans les établissements scolaires, l’enseignement islamique est octroyé, mais pas l’enseignement chrétien. Les émissions chrétiennes à la télévision sont rares.

Il y a aussi pour les chrétiens de la discrimination à l’embauche, des différences de salaires notaires, et l’impossibilité d’obtenir une promotion. Les chrétiens n’ont pas non plus de cimetière dans la capitale mais doivent enterrer leur mort à 20 kilomètres de là.

Isabelle Goepp

Diplômée d'un master II de psychologie de l'éducation, Isabelle a travaillé pendant une vingtaine d'année dans le domaine médico-social. Désireuse d'approfondir sa connaissance de la Parole de Dieu, elle s'est formée pendant un an à l'Institut Biblique Européen.

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