Chrétiens persécutés

Chine : vers une escalade de la persécution en 2017

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Face aux difficultés que connait le pays, le Parti Communiste Chinois (PCC) a consolidé son contrôle sur tous les éléments de la société, y compris l’Église chinoise en forte croissance. Conscient qu’il peut commettre des violations extrêmes des droits de l’homme en toute impunité, le PCC va sans doute passer à une persécution de l’Église à l’échelle nationale. De nombreux dirigeants chrétiens, accusés faussement de corruption, sont déjà en prison.

Depuis les années 1980, la légitimité du Parti communiste chinois (PCC) est davantage lié à sa capacité à générer de la richesse qu’à son idéologie, raison pour laquelle le ralentissement économique que connaît actuellement le pays constitue une menace.

Les analystes ont prévu que 2017 serait une année particulièrement difficile pour le PCC. La Chine est en effet confrontée à une dette des entreprises en plein essor, à une augmentation des faillites, au ralentissement des secteurs du logement, de la construction et de la fabrication. Anticipant l’aggravation des troubles sociaux et politiques, le PCC a relancé l’idéologie, renforcé son pouvoir et consolidé son contrôle sur tous les éléments de la société, y compris l’Église chinoise en croissance rapide.

Le 7 août 2014, l’avocat protestant chrétien des droits de l’homme, Gao Zhisheng, a été libéré de sa détention tenue secrète dans une des «prisons noires» du pays. Torturé et blessé, après trois ans d’isolement, Gao a eu des difficultés à mettre des mots ensemble pour reconstituer une phrase. En libérant Gao dans cet état, explique un auteur ayant écrit sur le sujet, le PCC envoyait un message fort : « voilà ce qui arrive à ceux qui contestent le Parti communiste chinois. Plus qu’un acte provocateur, le PCC a expérimenté une nouvelle manière d’exercer une pression sur ses concitoyens. S’il pouvait le faire sans conséquence avec Gao Zhisheng, une personne d’une classe sociale supérieure, il pourrait le faire à n’importe qui.

De la même façon, la persécution de l’Eglise dans le Zhjiang, en particulier à Wenzhou (« Jérusalem » en chinois) a été une expérimentation. Si le PCC peut enlever la croix sur cette église qui se situe au coeur du pays sans conséquences, il peut le faire n’importe où en Chine.

Le PCC réprime les églises de maison non déclarées considérées comme illégales, tout en réprimant les églises «patriotiques» enregistrées par l’État. Comme indiqué dans les précédents rapports, plusieurs Protestants reconnus et approuvés par le PCC, les pasteurs du Mouvement patriotique autochtone et les dirigeants du Conseil chrétien chinois, languissent maintenant en prison pour de graves accusations de corruption, simplement pour avoir critiqué la gestion des politiques au niveau de la religion. En attendant, les principaux avocats chrétiens des droits de l’homme ont également «disparu» en détention.

Le mercredi 30 novembre, deux évêques catholiques chinois ont été ordonnés avec l’approbation conjointe de Beijing et du Vatican, indiquant que le rapprochement entre le PCC et le Vatican progresse. Le cardinal Joseph Zen, ancien évêque de Hong Kong et le plus ancien clerc chinois de l’Eglise a exhorté le Vatican à ne pas accepter l’accord historique consistant pour le Vatican à ne reconnaître que les évêques appartenant au mouvement patriotique catholique déjà approuvés par le CCP. Un tel accord obligerait le Vatican à rompre ses liens avec l’Église catholique clandestine.

Il n’y a toujours aucun mot sur le sort des avocats chrétiens des droits de l’homme Zhang Kai (arrêté une nouvelle fois le 31 août et Jiang Tianyong (qui aurait été enlevé en détention secrète le 21 novembre). En outre, au cours du week-end du 26 au 27 novembre, des agents de sécurité chinois ont attaqué l’Église évangélique spécialisée dans l’aide gratuite aux toxicomanes à Guangdong par l’entremise de ses centres de réadaptation chrétiens. Ses membres sont d’anciens patients dont les vies ont été transformées par le traitement et par l’Évangile. Les ordinateurs et la littérature ont été saisis et les dirigeants de l’église, les résidents de Hong-Kong M. et Mme Lin Haixin, ont été arrêtés, probablement pour avoir effectué des activités religieuses illégales. Les lieux de détention restent inconnus.

Elizabeth Kendal

Elizabeth Kendal est une experte évangélique sur la liberté religieuse. Cette avocate chrétienne australienne était chargée de recherche pour l’Alliance Evangélique Mondiale de 1998 à 2002. Elle est l'auteure de deux livres sur la réponse des chrétiens à la persécution religieuse.

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