Chrétiens persécutés

Vietnam : la liberté des chrétiens restreinte davantage

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La toute première loi sur la croyance et la religion adoptée le 18 novembre 2016 par la 14e Assemblée nationale vietnamienne constitue un véritable danger pour la liberté religieuse dans ce pays. Les chrétiens qui appartiennent à des églises non enregistrées pourraient voir la persécution, déjà présente, augmenter davantage.

Bien que le teste n’ait pas encore été rendu public, certains observateurs s’inquiètent déjà de la non conformité de ce texte aux normes internationales en matière de liberté de religion ou de conviction.

Selon Christian Solidarity Worldwide, une organisation chrétienne dédiée à la défense des libertés religieuses, le texte de loi, bien que révisé à de nombreuses reprises ne devrait pas changer de manière significative par rapport aux avant-projets.

L’exigence de l’enregistrement officiel pour bénéficier de la liberté de religion et de conviction était notamment un aspect à revoir qu’avait souligné le Professeur Heiner Bielefeldt, le rapporteur spécial des Nations Unies sur ce sujet au cours de sa visite au Vietnam en 2014.

Il avait ainsi déclaré que «l’enregistrement devrait être une offre de l’État mais non une obligation légale obligatoire».

Faisant écho à cette demande, Christian Solidarity Worldwide (CSW), le Comité vietnamien des droits de l’homme (VCHR), ainsi que plus de 50 organisations de la société civile et des groupes religieux vietnamiens, avaient demandé, dans une déclaration conjointe publiée avant la promulgation de la loi, que l’enregistrement ne soit pas une condition préalable à l’exercice de la liberté de religion ou de conviction.

Dans ce texte, les signataires appelaient également le gouvernement à lever les ambiguïtés de la loi qui laissent place à la discrimination et à l’abus et à aligner sa définition de la religion sur l’article 18 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques dont le Vietnam fait partie.

Autre aspect de l’avant projet de loi qui posait question était le contrôle excessif par le gouvernement de la pratique religieuse indépendante. Si la Constitution du Vietnam garantit, en principe, la liberté de religion, dans les faits, selon la Commission américaine sur la liberté religieuse internationale (US Commission on International Religious Freedom – USCIRF) il en va tout autrement. Elle réprime en effet sévèrement les « individus et les groupes religieux qu’elle considère comme contestant son autorité, » comme les chrétiens ou encore les bouddhistes indépendants.

Ces dernières années, les choses sont même allées en empirant, explique encore l’USCIRF, puisqu’un certain nombre d’avocats travaillant pour défendre la liberté religieuse restent emprisonnés dans le pays, restreignant encore davantage la liberté d’expression et de religion.

Les groupes religieux doivent s’inscrire officiellement auprès du gouvernement, mais sont systématiquement niés. Les protestants Hmong ont été particulièrement persécutés ces dernières années et le Vietnam est considéré, depuis 2001, comme un pays particulièrement préoccupant en matière de restriction des libertés.

Au moment où le Vietnam avait exprimé la possibilité d’une loi sur la religion, certains espéraient qu’elle s’attaquerait aux obstacles à la liberté de croyance dans la règlementation existante a déclaré le responsable de CSW Mervyn Thomas. Mais c’est le contraire qui s’est passé. Plutôt que de se concentrer sur la protection de la liberté religieuse, les autorités ont continué à se préoccuper davantage du contrôle et de la gestion des activités religieuses.

Selon le Directeur de CSW  » les garanties fondamentales du droit à la liberté de religion ou de conviction ne doivent pas être compromises par des exigences d’enregistrement onéreuses et les groupes qui ne peuvent pas ou ne veulent pas s’inscrire ne doivent pas être exclus de ce droit. Nous exhortons le gouvernement vietnamien à garantir par la loi et dans la pratique la liberté de religion ou de croyance pour toutes les personnes au Vietnam, conformément à l’article 18 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques».

Isabelle Goepp

Diplômée d'un master II de psychologie de l'éducation, Isabelle a travaillé pendant une vingtaine d'année dans le domaine médico-social. Désireuse d'approfondir sa connaissance de la Parole de Dieu, elle s'est formée pendant un an à l'Institut Biblique Européen.

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