Chrétiens d'Irak

Irak : torturé à l’extrême parce qu’il refusait de renier Jésus

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Violemment torturé parce qu’il refusait de renoncer au nom de Jésus, un homme chrétien des environs de Mossoul témoigne des persécutions subies par les militants islamistes.

Quand l’État islamique a envahi la plaine de Ninive il y a deux ans et pris le contrôle de Mossoul et des villes et villages environnants, Karlus, cuisinier de son métier, s’est retrouvé devant un choix : quitter la ville, se convertir à l’islam, payer une taxe ou être tué. Si la majorité des chrétiens ont fui, le jeune homme,  qui devait prendre soin de son père handicapé, a décidé de rester.

Les chrétiens qui sont restés comme lui ont subi toute sorte d’atrocités comme de terribles tortures, de l’esclavage sexuel ou même la crucifixion comme le raconte un autre témoin des violences subies appelé Esam :

« Le frère de ma femme a été crucifié par Daesh », a raconté Esam. Il a été crucifié et torturé devant sa femme et ses enfants, qui ont été obligés de regarder. Ils lui ont dit que s’il aimait beaucoup Jésus, il mourrait comme Jésus. »

Esam a partagé l’horreur des tortures subies par son beau-frère, qui ont duré de 18 heures à 23 heures. Il explique comment ils lui ont coupé le ventre avant de le laisser accroché sur la croix et crucifié.

Karlus a également enduré de nombreuses souffrances, comme il l’a raconté à l’organisation Worldwatchmonitor. Dans un premier temps, lorsque les militants du groupe terroriste sont arrivés chez lui, ils ont commencé par détruire une croix et une image de Jésus.

Comme il ripostait, l’un des militants l’a frappé au visage, et il s’est écroulé, inconscient. C’est dans cet état qu’il a été emmené au poste de police où il a été suspendu au plafond de la prison par une corde attachée à son pied gauche.

Parce que du sang coulait de son pied pendant que les extrémistes le battaient et le frappaient, ils frottaient du sel sur ses blessures. Il a ensuite subi une humiliation extrême en étant agressé sexuellement en prison par trois femmes portant des niqabs. Après sept semaine de torture extrême, on a dit à Karlus qu’il serait abattu. Mais le jour de son exécution, le 26 septembre 2014, il a été miraculeusement relâché.

Le jeune homme a alors fui au Kurdistan, où il a été traité en Espagne pour les blessures à sa jambe, et a demandé l’asile en Jordanie.

Malgré toutes les horreurs qu’il a enduré, Karlus a déclaré que sa foi lui permettait de pardonner à ses persécuteurs :

«Ce qui est arrivé n’est pas facile, mais au bout du compte, nous devons pardonner. C’est mon destin, peut-être que Dieu planifie quelque chose pour moi. »

Selon les statistiques, moins de 250 000 chrétiens vivent actuellement en Irak, contre plus d’un million au début de la guerre menée par les États-Unis en 2003. Même si l’État islamique est parti de Mossoul, beaucoup de chrétiens craignent de rentrer chez eux non seulement à cause de la destruction de leurs maisons, de la méfiance vis à vis des forces de sécurité irakiennes, et de la crainte que les musulmans sunnites de leur régions collaborent avec les djihadistes.

Certains sont retournés dans leurs villages, ont remplacé les croix des églises détruites par le groupe terroriste et prient pour le renouvellement de leur terre dévastée.

Le Père Thabet exprime le désir de beaucoup en ces termes :

« Mon rêve est de ramener tous les chrétiens dans ce village. (…)  Alors nous adorerons en plein air sur Barbara Hill, nous aurons l’Eucharistie en plein air, tout le monde verra que c’est l’Église, c’est le corps du Christ, c’est la terre chrétienne. C’est mon rêve de donner un témoignage au monde. »

Isabelle Goepp

Diplômée d'un master II de psychologie de l'éducation, Isabelle a travaillé pendant une vingtaine d'année dans le domaine médico-social. Désireuse d'approfondir sa connaissance de la Parole de Dieu, elle s'est formée pendant un an à l'Institut Biblique Européen.

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