Chrétiens d'Irak

IRAK : les chrétiens racontent le calvaire vécu sous Daesh

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Si beaucoup de chrétiens ont fui Mossoul lorsque les militants de l’État islamique ont attaqué la ville, une poignée d’entre eux, qui n’a pas été en mesure de partir, raconte le calvaire vécu pendant deux ans sous le contrôle des djihadistes.

Lorsque entre juin et août 2014, l’État islamique s’empare de Mossoul et de nombreux villes et villages de la plaine de Ninive, une région multiethnique et multireligieuse, les chrétiens irakiens sont contraints de faire un choix : se convertir, payer des impôts, être tué ou partir. Des centaines de milliers choisissent de fuir, mais certains, peu nombreux, ne sont pas en mesure de quitter.

Le 17 octobre 2016, le gouvernement irakien annonce le lancement de l’opération pour la reprise de la ville de Mossoul. La coalition américaine, composée de l’armée irakienne, les kurdes, les milices chiites peshmergas, les milices chrétiennes, et la Garde Ninive turque se rassemblent pour combattre. Avec leur avancée dans Mossoul, des témoignages de chrétiens irakiens restés dans la ville émergent peu et peu.

Ils racontent alors, comme c’est le cas d’Irak Zarifa Bakoos Daddo, 77 ans, ou encore d’Ismail Matti, 14 ans, comment ils ont survécu, pour certains, à la prison, pour d’autres aux conversions forcées à l’islam et à bien d’autres atrocités encore.

Ismail Matti, qui avait 14 ans au moment ou Mossoul est tombé aux mains des djihadistes, n’avait pas pu partir car sa mère était malade. Le site heavy.com revient sur ce qu’il a expliqué du calvaire qu’il a enduré de la part des islamistes :

« Il y avait des chiites [musulmans], des personnes entassées dans une cellule voisine de la nôtre. Ils s’en sont pris à l’un, lui ont tiré dans la tête et ont traîné son corps jusqu’à nous … Ils ont dit à ma mère que la même chose m’arriverait si nous refusions de nous convertir. Donc, nous nous sommes convertis … Tous nos voisins appartenaient à l’État islamique… Ils venaient pour vérifier si je suivais la charia. S’ils s’apercevaient que je n’avais pas été à la mosquée pour prier, je me faisais fouetter. »

A la même période, l’État islamique a publié des vidéos de propagande montrant l’exécution des chrétiens en Irak et en Syrie.

Pour Zarifa Bakoos Daddo, qui vivait à Qaraqosh, les deux années passées sous le joug des djihadistes auront surtout été marquées par un grand isolement. Y hébergeant une amie âgée, elle n’a rencontré pendant ses deux ans que les militants de l’État islamique. Si les plus âgés des extrémistes les rassuraient en disant qu’elles étaient comme des sœurs pour eux, raconte Zarifa, les plus jeunes étaient plus hostiles.

Emprisonnées brièvement à Mossoul, les deux femmes âgées ont été reconduites ensuite à Qaraqosh.

Alors que de nombreux chrétiens irakiens se sont faussement converti à l’islam sous le régime de Daesch, d’autres ont été contraints de payer la «taxe jizya», une taxe requise pour les non-musulmans en vertu de la loi islamique. Si un chrétien a payé la taxe, il devient « dhimmi »,  à savoir un non-musulman protégé en vertu de la loi de la charia.

Après le commencement de la libération de la ville, des chrétiens irakiens ont commencé à revenir à Mossoul. Tous espèrent le retour… mais ils ont aussi tout perdu, les djihadistes ayant dévasté la ville et tout ce qui s’y trouvait. C’est donc le coeur partagé entre douceur et amertume qu’ils envisagent de revenir !

Isabelle Goepp

Diplômée d'un master II de psychologie de l'éducation, Isabelle a travaillé pendant une vingtaine d'année dans le domaine médico-social. Désireuse d'approfondir sa connaissance de la Parole de Dieu, elle s'est formée pendant un an à l'Institut Biblique Européen.

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