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Indonésie : les chrétiens louent Dieu dans des abris de fortune

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Les 11 églises indonésiennes détruites il y a un an à Aceh Singkil, une régence (région rurale) d’Aceh, la seule province du pays régit par la charia, n’ont toujours pas été reconstruites. Malgré l’hostilité ambiante, les chrétiens sont de plus en plus nombreux à se réunir dans des abris de fortune pour adorer Dieu.

Une cause principale explique la lenteur de la mise en place de travaux pour la reconstruction des églises à Aceh Singkil : la discrimination exercée par les autorités locales contre les chrétiens. De nombreux chrétiens, dont le chiffre ne cesse de croître, se réunissent dans des abris temporaires pour adorer Dieu.

11 églises dans la « régence » d’Aceh Singkil détruites par le feu

Tout a commencé en octobre de l’année dernière, lorsque suite à des affrontements entre musulmans et chrétiens dans une autre partie du pays, plusieurs extrémistes se sont rendus dans la « régence » d’Aceh Sinkil pour y détruire des églises. Dans le village de Sukamakmur, par exemple, une foule d’islamistes en colère a marché contre l’église qui était un lieu de culte chrétien depuis 1968 avant d’y mettre le feu. Bien que présents, les fonctionnaires en uniforme ont semblé incapable d’arrêter l’attaque.

D’autres églises de la région ont, quant à elles, été détruites par la police suite à la demande des habitants musulmans demandant que toutes les églises sans licence soient abattues. Ce sont ainsi un total de 11 églises qui ont été démolies durant cette seule période.

Les chrétiens adorent Dieu dans des abris de fortune

Sur les 11 églises démolies en octobre 2015, rapporte watchworldmonitor (WWM) qui relayer cette information, les membres de six d’entre elles continuent à se rencontrer régulièrement sous des tentes. D’autres chrétiens ont rejoint des communautés avoisinantes, mais tous vivent dans la peur de nouvelles violences. Noldi, dont l’église en forte croissance se réunit dans deux sites différents séparés par 25 kilomètres de distance affirme :

« Les agresseurs vivent dans le quartier et ils surveillent toujours les activités des membres de mon église. »

Boru Manik, un membre de l’église locale, a rajouté :

« Je suis triste parce que nous devons adorer Dieu dans des tentes au milieu d’une plantation de palmier à huile. Mais nous gardons nos esprits élevés. »

En Indonésie, en effet, les fortes pluies tropicales peuvent créer de véritables problèmes pour les structures temporaires comme les tentes, comme l’explique un membre de l’église :

« [La pluie] est tombée de nombreuses fois, mais nous continuons  le culte. Même si les tentes fuient, que de l’eau de pluie ou de la boue éclaboussent de l’extérieur, personne ne quitte le culte ! »

Les raisons des difficultés à reconstruire les églises à Aceh

Alors que les élections locales qui auront lieu en février 2017 approchent, les églises craignent que les autorités n’hésitent à accorder un permis de construire qui ne serait pas populaire auprès des électeurs majoritairement musulmans d’Aceh.

Autre difficulté rencontrée pour la reconstruction : la lenteur du processus d’enregistrement qui autorise les églises à se réunir – Là aussi, les chrétiens craignent qu’ils ne soient pas prioritaire lors des campagnes électorales.

Si les autorités permettent aux chrétiens de se réunir dans ces structures temporaires, c’est là encore à condition d’avoir un permis, souvent refusé par le gouvernement pour des raisons de sécurité.

Un autre frein pour la reconstruction des églises est la difficulté d’utiliser une formule de calcul proposée par les autorités pour estimer la taille d’une nouvelle église.

Selon cette formule, les estimations doivent être basées sur le nombre de membres d’église ayant des cartes d’identité locales, multiplié par 0,8 mètres. Les personnes étrangères à la région qui ne sont pas en possession  de carte d’identité locale ne sont pas prises en compte dans les calculs, de sorte à ce que les nouvelles églises courent le risque d’obtenir un trop petit bâtiment, surtout si la plupart de leurs membres viennent d’ailleurs.

Isabelle Goepp

Diplômée d'un master II de psychologie de l'éducation, Isabelle a travaillé pendant une vingtaine d'année dans le domaine médico-social. Désireuse d'approfondir sa connaissance de la Parole de Dieu, elle s'est formée pendant un an à l'Institut Biblique Européen.

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