Chrétiens persécutés

Plus que 200 000 chrétiens en Irak

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La communauté chrétienne d’Irak serait menacée d’extinction. Dans une nouvelle vidéo intitulée « La fuite massive des chrétiens en Irak face à la menace terroriste« , la chaîne TF1 révèle que le nombre de chrétiens en Irak est passé de 500 000 en 2003 à 200 000 en 2016.

Depuis l’invasion américaine de 2003, suivie d’une période de troubles et d’attentats de toutes sortes, la situation n’a cessé de se dégrader pour les chrétiens d’Irak. Nombre d’entre eux ont fui vers le Kurdistan ou à l’étranger. Des villes comme Mossoul et Kirkouk, qui étaient pourtant traditionnellement des villes à forte représentation chrétienne, se vident de leur population chrétienne. Aujourd’hui, il n’y aurait plus en Irak que 200 000 chrétiens alors qu’ils étaient un demi-million avant la chute du régime de Saddam Hussein.

La situation de la minorité chrétienne s’est nettement dégradée depuis l’invasion de Mossoul par les forces de l’État islamique (EI) en juin 2014. Dans un premier temps, les 10 000 chrétiens de cette ville ne sont pas inquiétés… mais dans la nuit du 17 au 18 juillet, des pick-up avec des haut-parleurs sillonnent les quartiers chrétiens lançant un ultimatum : les chrétiens devaient se convertir à l’islam, quitter la ville sans rien emporter… ou être décapités. Tous sont partis. Ils se sont d’abord réfugiés dans la plaine de Ninive. Plus tard, en une nuit, ils doivent quitter la région pour gagner le Kurdistan irakien. La violence de ces djihadistes est extrême ; ils ne craignent pas la mort, pensant qu’ils sont appelés à aller au paradis, un lieu de délices sans pareil.

Les chrétiens qui font le choix de rester en Irak savent qu’ils peuvent être attaqués à tout moment et de grandes difficultés attendent ceux qui partent parce qu’ils vont se trouver sans emploi, dans une nouvelle région dont ils ne parlent pas la langue. Il leur faut se loger, scolariser leurs enfants et trouver un accès aux soins médicaux. Le sort de ceux qui parviennent à gagner l’Europe ou l’Amérique n’est guère meilleur. Tout est tellement différent !

Comment oser encore espérer ? On parle toujours dans l’Église du « petit reste » : le sel, la lumière, le ferment. La communauté chrétienne est ce « petit reste ». Certes, il y a des gens qui partent, mais il y a ceux qui restent et qui sont forts.

Formé à Lee University, Aloys Evina est pasteur de l'Eglise de Dieu en France, membre de la Fédération Protestante de France (FPF) et de la Church of God (Cleveland, Tennessee). Il est exerce son ministère pastoral à La Rochelle, dans le Sud-Ouest de la France.

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