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Libérées par Boko Haram, elles sont rejetées par leurs communautés

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  • Feb 20
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Après avoir été enlevées et violées par des extrémistes de Boko Haram, des centaines de femmes nigérianes qui reviennent dans leurs communautés sont souvent rejetées et mises à l’écart. Telles sont les conclusions d’un inquiétant rapport publié récemment.

Au moins 2.000 femmes et de nombreux enfants, filles et garçons, ont été enlevés par Boko Haram depuis 2012, selon “International Alert” et l’UNICEF. Le rapport de ces deux organismes, intitulé : “le mauvais sang : perceptions des enfants nés de la violence sexuelle subie par les femmes et les jeunes-filles associées à Boko Haram au cours des conflits dans le Nord-Est du Nigeria” montre que, pendant leur captivité, la plupart des femmes ont été violées et forcées de se marier à des extrémistes.

Après que les forces militaires ont regagné les terres capturées par le groupe djihadiste, des centaines de femmes et de jeunes-filles ont été libérées de la captivité, dit l’étude. Pourtant, dans les camps de réfugiés ou dans leurs communautés d’origines, ces femmes sont confrontées à un rejet massif et à la persécution.

Comme affirme encore le rapport des deux ONG, beaucoup de femmes font face à la marginalisation, à la discrimination et au rejet par les membres de leur propre famille et de la communauté en raison de certaines normes sociales et culturelles liées à la violence sexuelle.

Pour certaines femmes enceintes libérées dont les pères sont des combattants de Boko Haram, mais aussi pour les membres de la communauté, la crainte que les enfants aient du “mauvais sang” est forte et explique le rejet.

Une femme enceinte d’un militant djihadiste aurait dit : «Quand je pense à l’enfant qui va venir, cela me dérange beaucoup parce que je me pose toujours cette question : Est-ce que l’enfant va se comporter comme JAS  ?” (JAS est un autre nom pour Boko Haram).

Selon les auteurs du rapport, les femmes pourtant victimes des conflits seraient responsables de la violence et des pertes subies par des communautés entières pendant l’insurrection et sont, en raison de ces préjugés, de plus en plus mises à l’écart et sont à risque de nouvelles violences.”

Une deuxième raison explique également la mise à l’écart des femmes qui reviennent après avoir été emmenées dans les camps de Boko haram : la peur est très grande de voir que les femmes aient été radicalisées par  les extrémistes au cours de leur captivité. Pour les enfants qui sont nés de la violence sexuelle, le risque de rejet, d’abandon et de violence est encore plus grand.

D’après le New York Times,  ces craintes ne seraient pas totalement infondées, puisque d’après les observations des humanitaires, certaines femmes captives auraient été formées pour combattre ou auraient été encouragées  à devenir des kamikazes.

Les avis divergent cependant sur le sujet : certains experts estiment en effet que les femmes kamikazes sont endoctrinées, tandis que d’autres croient qu’elles ne sont pas conscientes de l’enjeu au moment d’enfiler le gilet avec des munitions que des appareils font exploser à distance.

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