Chrétiens persécutés

Pakistan : un musulman laissé libre après avoir brûlé des Bibles

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Le 6 janvier au Pakistan, des officiers de police ont refusé d’arrêter Akbar Azhar, un homme musulman âgé de 26 ans, qui a brûlé plusieurs Bibles et plusieurs autres livres chrétiens dans l’église de la victoire (Victory church) une communauté chrétienne située dans la province pakistanaise du Punjab.

Prions pour ces personnes qui brûlent des Bible.

Prions pour ces personnes qui brûlent des Bible.

Aucun rapport officiel n’a été déposé par la police locale concernant cette affaire, empêchant dès lors toute poursuite, comme c’est souvent le cas au Pakistan lorsqu’il s’agit de chrétiens. Selon les policiers, même si Akbar Ashar a été mis en garde à vue, ayant été jugé mentalement instable,  aucune poursuite n’a pu être engagé contre lui.

Certaines voix s’élèvent pourtant pour dire qu’Akbar Azhar ne souffre d’aucune maladie mentale, et exigent que cet homme musulman soit jugé pour avoir brûlé des écrits sacrés de la même façon que les chrétiens qui sont condamnés sévèrement par les lois sur le blasphème contre le Coran ou le Prophète Mohamed.

Les chrétiens dans les églises ont la conviction que les attaques sont motivées religieusement, mais les rapports de police ne font jamais mention de ces éléments.

Selon le Pasteur Nasir de la Victory Church, « La réticence de la gendarmerie et de la police locale à poursuivre M. Azhar illustre leur partialité. »

D’autant plus, qu’à contrario, la maladie mentale de certains chrétiens n’a pas empêché la police de les arrêter pour blasphème, comme cela a été le cas pour Rimsha Masih en 2012, qui était dans un état grave.

Régulièrement, les chrétiens pakistanais, s’ils ne sont pas accusés de blasphème, font face à de nombreuses persécutions. Peu de temps avant le 6 janvier où Akbar Azhar avait brûlé des Bibles et de la littérature chrétienne, une autre église, l’église néo-apostolique de Batth, à 60 kilomètres de Lahore, a été brûlée au cours des célébrations de Nouvel an.

Là encore, les autorités locales ont avancé que l’origine du feu était accidentelle (en déclarant que des éléments de preuves suffisantes conduisaient à conclure à un court-circuit), alors que les chrétiens considéraient qu’il s’agissait d’une attaque à visée religieuse.

Une personne habitant juste à côté de l’église, Dildar Bhatti, a montré certaines traces suspectes sur le mur de l’église qui illustre la probabilité que le mur ait été escaladé, mais ces éléments n’ont pas été pris en compte dans le rapport de la police. Dildar Bhatti a déclaré à ce sujet :

«Je montrais aux fonctionnaires de la police les marques suspectes sur le mur de l’église, qui illustrent que quelqu’un a dû escalader le mur de l’église pour y entrer, mais les agents de police ont simplement ignoré mes preuves et n’ont pas rajouté ce détail dans leur rapport. »

La persécution au Pakistan ne cesse de s’accroître, et insécurise les chrétiens, comme l’explique Karamat Masih, un autre voisin proche de l’église :

« A cause de ces nombreux incendies, les chrétiens sont dans la crainte. Les attaques par le feu montrent à quel point les chrétiens ne sont pas désirés dans la région. »

Isabelle Goepp

Diplômée d'un master II de psychologie de l'éducation, Isabelle a travaillé pendant une vingtaine d'année dans le domaine médico-social. Désireuse d'approfondir sa connaissance de la Parole de Dieu, elle s'est formée pendant un an à l'Institut Biblique Européen.

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