Chrétiens persécutés

Mary Musa Ali donne naissance dans un camp chrétien

  | 

Alors qu’elle est enceinte, Mary Musa Ali a fui son village pour échapper au groupe terroriste Boko Haram qui sévit dans le nord-est du Nigeria. Dans un camp de réfugiés chrétiens de la ville de Maiduguri, elle a donné naissance à son troisième enfant.

Au terme de son odyssée, Mary Musa Ali peut enfin respirer. csi

Au terme de son odyssée, Mary Musa Ali peut enfin respirer. csi

Le nord du Nigéria est entre les griffes du groupe islamiste Boko Haram. Des djihadistes frappent quotidiennement des institutions étatiques, des places publiques et des arrêts de bus. Leurs attaques touchent également les villages reculés qui comptent une majorité d’habitants chrétiens.

Au cours des quatre dernières années, plus de 10 000 personnes ont été tuées et plus de 300 000 autres ont fui leurs villages. Les mieux lotis trouvent un refuge à long terme dans les grandes villes comme Kafanchan ou Maiduguri, auprès des membres de leurs familles ou chez des amis. Mais Mary Musa Ali n’a pas connu cette chance. La jeune mère de famille raconte comment elle a survécu à ses fuites à rebondissement alors qu’elle était enceinte.

Mary Musa Ali est originaire de Pulka, dans l’État de Borno. En août 2014, sous la pression des djihadistes de Boko Haram, la mère de famille s’enfuit dans les montagnes avec ses trois enfants. « Là, j’ai perdu de vue mon mari », déclare-t-elle. Mais elle reprend la fuite en voyant que les djihadistes arrivaient à nouveau en direction de leur cachette dans les montagnes. Après plusieurs jours de marche, elle atteint la ville de Kolofata, au Cameroun. Les conditions dans le camp de réfugiés étaient pitoyables. De nombreuses personnes, notamment des enfants, tombaient malades et certaines mouraient.

« J’ai eu peur et, un mois plus tard, nous nous sommes joints à un groupe de personnes qui quittaient le camp. »

À pied et sans argent, Mary Musa Ali et ses enfants sont retournés dans la ville de Mubi (État d’Adamawa) au Nigéria. Malheureusement, le cauchemar a recommencé et la ville a été attaquée par les activistes de Boko Haram. Ils ont retraversé la frontière pour se rendre au Cameroun. Peu après, ils sont rentrés au Nigéria, à Yola, dans l’État d’Adamawa.

« Comme je ne connaissais personne, j’ai décidé de continuer jusqu’à Maiduguri, sachant que la plupart des habitants de notre village s’y étaient réfugiés. Heureusement, j’y ai rencontré mon beau-frère qui m’a expliqué que mon mari était au Cameroun. Il l’a immédiatement appelé par téléphone. pour lui dire qu’il nous avait trouvés à Maiduguri. Mon mari nous a rejoints au plus vite. »

La mère de famille se dit « infiniment reconnaissante envers Dieu » qui a permis que la famille soit à nouveau réunie après ces moments d’épreuve. Après ces retrouvailles, la famille a été accueillie dans un camp de réfugiés géré par une Église. « Quel bonheur de recevoir enfin de l’affection! », s’exclame-t-elle.

Cette fuite de plusieurs centaines de kilomètres a duré plusieurs mois. « Depuis le début, j’étais enceinte. Je remercie Dieu qui nous a protégés, moi et ma famille, et qui a permis que j’accouche dans ce camp. »

Formé à Lee University, Aloys Evina est pasteur de l'Eglise de Dieu en France, membre de la Fédération Protestante de France (FPF) et de la Church of God (Cleveland, Tennessee). Il est exerce son ministère pastoral à La Rochelle, dans le Sud-Ouest de la France.

Aimez le Journal Chrétien !Vous aimez déjà ? Vous pouvez fermer cette page.