Chrétiens persécutés

Le pasteur Feliciano « Cris » Lasawang et son fils assassinés

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Des chrétiens de l’île de Mindanao aux Philippines soupçonnent les rebelles maoïstes d’être à l’origine de l’assassinat récent d’un pasteur baptiste et de son fils. Selon « Morning Star News », le pasteur Feliciano « Cris » Lasawang et son fils de 24 ans Darwin ont été tués le 27 novembre vers 6 heures du matin alors qu’ils se baignaient dans la rivière Culaman au Nord de Jose Abad Santos, à Davao del Sur Province.

Le pasteur Lasawang laisse dans le deuil son épouse et leurs sept enfants, dont le plus jeune est âgé de 13 ans. Il laisse aussi orpheline son église constituée de 300 membres (dans un bâtiment destiné à en accueillir 150).

C’est en 2007,  suite au changement positif qu’il avait observé dans les comportements de son cousin devenu chrétien, que le pasteur Feliciano « Cris » Lasawang avait placé sa confiance en Jésus.

En 2013, il se consacre à être pasteur et implante une église baptiste à Jose Abad Santos à Davao del Sur. Malgré l’opposition des rebelles communistes et des groupes d’insurgés islamiques dans la région, il ouvre une autre église de maison dans un village voisin pour répondre aux besoins d’un nombre croissant de personnes intéressées par l’étude biblique.

Continuant courageusement le travail d’implantation d’églises malgré les menaces réelles, le pasteur Lasawang ainsi que son fils Darwin sont tout deux assassinés le 27 novembre.

Selon les chrétiens de cette région, explique un ami du Pasteur Feliciano Lasawang au journal Morning Star News, ce sont les insurgés de la Nouvelle armée du peuple (NPA), le bras armé du Parti communiste des Philippines qui seraient responsables de la mort des deux hommes. Répertorié comme une organisation terroriste par le Département d’État américain, ce groupe de rebelles, formé en 1969, a pour but de renverser le gouvernement philippin et d’établir le communisme.

Des données recueillies par la société américaine Mission Christian Aid ont permis d’établir que le pasteur Lasawang a été abattu de trois balles dans le corps, tandis que son fils a été retrouvé une balle logée dans le visage au bord de  la rivière Culaman, l’endroit où précisément ils avaient organisé des cérémonies de baptême.

L’hostilité des rebelles de la NPA à l’égard des chrétiens pourrait s’expliquer, selon l’ami du pasteur Lasawang dont le nom a été retenu pour des raisons de sécurité, par le fait que les guérilleros craignent que la croissance de l’église amortisse les efforts de recrutement des insurgés. Toujours selon le témoignage de ce chrétien, le pasteur avait reçu des rapports sur le fait qu’il était surveillé dans ses mouvements :

« Pasteur Cris avait reçu des rapports le renseignant sur le fait que les militants de la NPA le surveillaient lorsqu’il s’était déplacé dans différentes communes pour expliquer aux sympathisants de la NPA que la lutte armée n’était pas la solution ».

Le pasteur Lasawang avait d’ailleurs alerté son ami de la présence forte et de l’activité de guérilleros de la NPA dans sa région, l’incitant à ne pas lui rendre visite afin de ne pas se mettre en danger. Une attaque avait en effet tué près d’une douzaine de soldats de l’armée des Philippines, à seulement quelques kilomètres de l’église.

L’ami du pasteur Lasawang, qui n’avait pas été en mesure de rendre visite à l’église pendant deux ans en raison de la présence des rebelles, avait finalement obtenu la permission de le faire le 27 octobre. C’est au cours de cette rencontre que les deux responsables chrétiens avaient pu échanger notamment sur l’accroissement de l’église, les stratégies d’évangélisation et la formation des disciples.

Ils étaient tous les deux très enthousiastes de partager l’évangile dans leur région comme l’ a expliqué l’ami du pasteur à l’organisation Christian Aid :

 » Nous étions plein d’espoirs, motivés par un désir accru de servir le Roi serviteur, ne sachant pas que dans le plan de Dieu,  ce serait notre dernier moment de communion ici sur cette terre. »

Malgré la perte du pasteur Lasawang, les membres de son église sont décidés à continuer, coûte que coûte et ce, malgré les risques, à se réunir et à propager l’évangile, et plusieurs chrétiens se sont déjà portés volontaires pour apporter l’exhortation au cours des cultes le dimanche.

« Le ministère de la ville José Abad se poursuivra malgré l’absence d’un ministre à temps plein là-bas. » a encore déclaré l’ami du pasteur.

Isabelle Goepp

Diplômée d'un master II de psychologie de l'éducation, Isabelle a travaillé pendant une vingtaine d'année dans le domaine médico-social. Désireuse d'approfondir sa connaissance de la Parole de Dieu, elle s'est formée pendant un an à l'Institut Biblique Européen.

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