Actualité chrétienne

Quel avenir pour les chrétiens d’Irak ?

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La plaine de Ninive était le refuge des chrétiens d’Orient avant l’invasion par l’organisation terroriste islamiste « État islamique ». La prise de la plaine de Ninive par les djihadistes de Daech s’est accompagnée de tortures, massacres, décapitations et d’autres atrocités effroyables commises sans scrupules contre la minorité chrétienne. Au vu de la situation actuelle en Irak et Syrie, il est légitime que nombre de chrétiens cherchent à quitter leur pays. Dès lors, une question se pose : Y a-t-il un avenir pour les Chrétiens au Moyen-Orient ?

L’année 2014 a été une année sanglante pour les chrétiens d’Irak. L’événement décisif et dramatique a été l’invasion par l’organisation terroriste « État islamique » (« Daech » en arabe). Tout a commencé le 3 janvier 2014 avec la conquête de la ville de Falloujah et de plusieurs parties de la province d’Al-Anbâr, suivie de la chute de Mossoul, la deuxième ville d’Irak, le 10 juin, et de la proclamation d’un califat le 29 juin avec Abou Bakr al-Baghdadi comme Calife («Halif» en arabe) : terme désignant le successeur (ou vicaire) du prophète Mahomet, dirigeant spirituel et politique d’un califat et chef de tous les musulmans.

Un héritage de 2000 ans est anéanti

Située au nord de l’Irak, dans la plaine de Ninive, Qaraqosh était l’un des derniers refuges pour les chrétiens en Irak. Le 25 juin 2014, la ville a
été pilonnée par les tirs des djihadistes de l’État islamique (EI, autrefois EIIL – voir case). Elle est tombée deux semaines après Mossoul, située à une trentaine de kilomètres de là. En l’espace de quelques heures, environ 50 000 personnes ont quitté Qaraqosh, presque tous des chrétiens. Le lendemain, le responsable de mission CSI John Eibner et son assistant Joel Veldkamp sont arrivés au nord de l’Irak pour apporter leur aide.

«Durant des siècles, les musulmans et les chrétiens partageaient leurs joies et leurs malheurs. Ensemble, ils ont constitué un héritage culturel.» Louis Raphaël Ier Sako, patriarche catholique chaldéen

La ville actuelle de Mossoul est construite à proximité des ruines de la ville biblique de Ninive. Elle est la deuxième ville d’Irak et compte environ deux millions d’habitants. Lors de la conquête de la ville par les djihadistes, au début du mois de juin, environ 500 000 personnes ont quitté la ville et les villages environnants. Ils ont dû abandonner leurs maisons et presque tous leurs biens. La grande majorité des chrétiens se sont enfuis, mais aussi de nombreux musulmans chiites, qui sont littéralement chassés et massacrés par Daech.

William et Pascale Warda avec William J. Burns. © CSI

William et Pascale Warda avec William J. Burns. © CSI

Depuis fin 2014, il n’existe presque plus de chrétiens à Mossoul. En effet, le 18 juillet, les djihadistes de l’État islamique ont lancé un ultimatum aux chrétiens, leur enjoignant de choisir entre la conversion à l’islam, le paiement de la «dijzîa» (impôt exorbitant infligé aux non-musulmans), l’exil ou la mort. Les maisons des chrétiens ont été marquées d’un «N» arabe rouge («nassâra» est employé dans le Coran pour désigner les chrétiens) et sont devenues la propriété de Daech.

Quelques personnes âgées et malades sont restées, et quelques-unes se sont converties à l’islam. Les autres ont quitté la ville. Voilà comment une communauté présente depuis près de deux millénaires s’est éteinte subitement à Mossoul.

Formé à Lee University, Aloys Evina est pasteur de l'Eglise de Dieu en France, membre de la Fédération Protestante de France (FPF) et de la Church of God (Cleveland, Tennessee). Il est exerce son ministère pastoral à La Rochelle, dans le Sud-Ouest de la France.

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