Chrétiens persécutés

Sadad, une ville chrétienne vidée de ses habitants

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Alors que l’État islamique avance depuis le 31 octobre vers Homs et essaye de prendre la ville de Sadad, les chrétiens espèrent bien sauver ce lieu symbolique et historique de la présence chrétienne en Orient. Dans cette ville de l’Ouest de la Syrie séparée de seulement trois kilomètres des lieux de combats de l’organisation État islamique, la quasi-totalité de ses habitants a déjà fui.

Selon les informations que l’archevêque de Homs, Mgr Selwanos Boutros Alnemeh a fourni à l’organisation de l’Aide à l’Église en détresse (AED), Daesh attaque des localités aux alentours de la ville chrétienne de Sadad depuis le 31 octobre. A 7 kilomètres seulement de Sadad, la petite ville de Mahin est déjà tombée. Face à la progression des combattants de l’État islamique et de lourds bombardements, près de 15 000 habitants de la région et notamment des villes de Sadad et d’Hafar auraient abandonné leurs maisons.

Trouvant refuge à Homs, Zaidal et Fairouzah, les chrétiens se sentent menacés malgré la présence de l’armée du gouvernement syrien qui aurait repris le contrôle de la ville le 16 novembre.  Cela reste toutefois difficile car Daesh utilise des armes lourdes et combat avec acharnement. L’archevêque de Homs a déclaré :

« Nous avons peur que Daesh – que Dieu nous en préserve – réussisse à conquérir la ville, et nous espérons que Dieu ne le permettra pas, car nous perdrions un bastion du christianisme. »

Son assistant Luka Awad s’est également exprimé sur le sujet :

« Les djihadistes veulent prendre Sadad parce que c’est une ville chrétienne. La destruction de cet héritage serait une perte inimaginable ! »

Ce n’est pas la première fois que Sadad fait l’objet d’attaques de la part de rebelles, puisqu’en octobre 2013, cette ville avait été prise par une alliance de groupes extrémistes, dont l’État islamique. A cette époque, les djihadistes avaient assassiné 45 chrétiens pour les jeter dans des fosses communes, et avaient détruit et pillé les églises et les maisons.

Selon le Père Luka Awad, assistant de l’archevêque et chargé de l’aide d’urgence humanitaire, les habitants qui s’étaient enfuis de Sadad et des environs n’ont pris que leurs vêtements. Le but de l’aide consiste à les enregistrer, à les nourrir, les loger, trouver et vêtir toutes ces personnes, une tâche à laquelle s’attelle certaines organisation comme AED ou encore Portes Ouvertes.

La ville de Sadad représente un lieu stratégique pour l’État islamique car elle est située sur l’axe principal qui relie Homs à Damas. En prenant Sadad, non seulement les djihadistes couperaient le trafic, s’approcheraient de Homs et contrôleraient cette région où se trouvent de nombreuses exploitations pétrolières.

Autre intérêt : cette ville est chrétienne, or, dans l’idéologie de Daesh, les chrétiens sont des personnes à abattre.

Pour les chrétiens aussi Sadad est une ville importante. Sadad est en effet une ville qui apparaît dans l’Ancien Testament sous le nom de Tsedad. Les habitants y parlent encore l’araméen, la langue de Jésus. De plus, cette petite ville est aussi un centre de l’héritage chrétien en Syrie. Le Père Luka Awad explique l’importance de cette ville pour le christianisme :

 « C’est vraiment un centre de l’héritage chrétien. On n’imagine même pas ce qui pourrait arriver si tout cela était perdu. Nous avons vraiment peur pour notre héritage culturel. Nous supplions la communauté internationale de mettre fin à cette guerre. Mon peuple a déjà vécu un génocide il y a un siècle, en 1915. Nous n’avons pas besoin d’un nouveau génocide au XXIe siècle. »

 

 

 

Isabelle Goepp

Diplômée d'un master II de psychologie de l'éducation, Isabelle a travaillé pendant une vingtaine d'année dans le domaine médico-social. Désireuse d'approfondir sa connaissance de la Parole de Dieu, elle s'est formée pendant un an à l'Institut Biblique Européen.

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