Chrétiens persécutés

Quatre familles chrétiennes échappent à l’incendie

  | 

Quatre familles chrétiennes du Bangladesh ont échappé de peu à un incendie criminel allumé par un groupe  de cinq ou six musulmans extrémistes qui les accusait de sorcellerie. Alors que les agresseurs cherchaient à les consumer vivants dans leurs maisons, c’est grâce à l’aide des voisins que les familles chrétiennes ont finalement réussi à échapper aux flammes des bâtiments en feu.

Des chrétiens du village de Kamarpara ont perdu leurs maisons dans une attaque menée par des extrémistes musulmans

Des chrétiens du village de Kamarpara ont perdu leurs maisons dans une attaque menée par des extrémistes musulmans

Ce drame s’est produit le 5 novembre à Kamarpara, dans le district du Panchagarh situé au Nord du Bangladesh. Depuis plus d’un an, des extrémistes musulmans étaient à la poursuite de ces familles qu’ils accusaient de pratiquer la sorcellerie. Ramni Das, un ouvrier travaillant dans les champs de canne à sucre, qui a perdu deux maisons dans l’attaque, s’est exprimé sur le sujet :

« Ils voulaient nous tuer en nous brûlant vivant, mais nous avons réussi à nous échapper. Nous avons tout perdu. Depuis plus d’un an, les jeunes musulmans d’un village voisin nous ont accusé de pratiquer la sorcellerie et nous ont dit de quitter le village. Ils nous ont maltraité en public et ont jeté des briques sur nos maisons ».

Selon Ramni Das, cependant, la vraie raison des attaques contre les chrétiens n’est pas la sorcellerie mais une tentative de prendre possession de leurs terres. Au cours des dernières semaines, en effet, de nombreuses familles chrétiennes ont été obligées de fuir leurs maisons en raison des différentes persécutions dont elles ont été victimes.

La police n’a toujours pas arrêté les suspects malgré la plainte déposée par Ramni Das contre sept personnes :

« Après l’attaque, nous nous sommes tournés vers la justice » explique le propriétaire de deux maisons incendiées, « mais maintenant, nous vivons au poste de police parce que nous sommes menacés pour avoir déposé une plainte. Être chrétien nous laisse faible et vulnérable ».

La police, qui prétend être entrain d’enquêter sur l’attaque a pourtant elle-même affirmé, par l’intermédiaire de Dinabandhu Nath, un officier de la police locale, que les suspects avaient fui la région et qu’une solution était entrain d’être cherchée pour trouver une compensation aux victimes du drame.

Abul Hossain, responsable du gouvernement local,  a partagé avoir été choqué par les attaques en déclarant :

« Personnellement, je sais que les victimes sont de bonnes personnes. Tout au long de l’année, j’ai essayé de calmer la situation et j’ai publiquement déclaré que les accusations de sorcellerie étaient fausses. Je ne pensais pas que les choses allaient aboutir à une telle extrême. Nous essayons de résoudre la question sans passer par un procès afin que les hindous, les musulmans et les chrétiens puissent vivre en paix à l’avenir. »

Fr. Anthony Sen, pasteur à Ruhea, a déclaré lui aussi :

« Je suis choqué par cette attaque brutale contre des personnes pacifiques. Les musulmans voulaient les brûler vifs. Ceci est une infraction grave, je voudrais trouver une solution pacifique et avoir la sécurité pour mon peuple. »

Face à la détresse des familles, l’église locale se tient au côté des familles pour fournir de l’aide et les soutenir dans la recherche d’une aide juridique.

Du côté des agresseurs, l’heure est à la défense, comme c’est le cas pour l’oncle de l’un des accusés, qui rapporte que même si son neveu avait eu par le passé des problèmes avec les chrétiens, il ne le pensait pas impliqué dans l’attaque criminelle.

Environ 300 catholiques vivent dans le village de Kamarpara. Historiquement rattachés à la caste hindoue Ksatriya, ils se sont convertis au christianisme il y a des décennies et sont souvent exploités par les musulmans dans la région en raison de leur statut socio-économique très bas.

Au Bangladesh où 90 % de la population est musulmane, les communautés chrétiennes (0,2% de la population) et hindoues (9,1%) sont soumises à de nombreuses attaques et d’expropriation des terres. Pour les experts, les motifs de persécutions des minorités religieuses sont plus économiques que religieuses.

 

Isabelle Goepp

Diplômée d'un master II de psychologie de l'éducation, Isabelle a travaillé pendant une vingtaine d'année dans le domaine médico-social. Désireuse d'approfondir sa connaissance de la Parole de Dieu, elle s'est formée pendant un an à l'Institut Biblique Européen.

Aimez le Journal Chrétien !Vous aimez déjà ? Vous pouvez fermer cette page.