Chrétiens persécutés

Vingt chrétiens chinois incarcérés dans des « prisons noires »

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En Chine, 20 chrétiens au moins auraient été secrètement incarcérés dans les «prisons noires», des hôtels, des appartements, des caves ou des bureaux désaffectés transformés en « prisons illégales » par les pouvoirs locaux. Les détenus y seraient humiliés, insultés, frappés et enfermés le temps nécessaire avant d’être renvoyés dans leur province après avoir signé la promesse d’abandonner toute poursuite contre l’entreprise d’État, l’administration ou le responsable d’entreprise qui les auraient spoliés.

Les «Prisons noires» en Chine n’ont aucun statut juridique, même si les documents officiels stipulent que les détenus sont maintenus en «résidence surveillée dans un endroit conçu à cet effet ». Selon China Aid, la torture y est courante, et les détenus ne peuvent y recevoir aucune visite, aucune communication écrite ou verbale des membres de la famille ou des représentants légaux.

C’est le fait de s’opposer au régime imposé par le gouvernement ou l’administration chinoise qui conduit souvent les citoyens du pays dans ces prisons illégales. C’est en effet parce qu’ils ont osé déclarer que le gouvernement chinois impose un « régime totalitaire » à ses citoyens, qu’au moins 20 chrétiens seraient actuellement emprisonnés. Selon une organisation de défenses des droits de l’homme en Chine basée au Texas, ces chrétiens seraient incarcérés dans les villes de Wenzhou et Jinhua, dans la province du Zheijiang et dans l’est du pays. Parmi ces prisonniers figureraient notamment des pasteurs, des diacres, et l’avocat des droits de l’homme Zhang Kaï qui a disparu depuis son arrestation au mois d’août.

Zhang Kaï, qui est l’un des 300 avocats défenseurs des droits humains à avoir été arrêté en Chine depuis le 10 Juillet, a défendu plus de cent églises dans la lutte contre les mesures gouvernementales prises contre les lieux de culte (destruction de bâtiments,  arrachement des croix situées sur les clochers des églises). Il a ainsi proposé aux responsables chrétiens des conseils sur la façon dont ils pouvaient utiliser la constitution de la Chine – qui garantit la liberté religieuse – pour défendre leurs droits.

Certains chrétiens ont disparu sans qu’on sache vraiment où ils sont, comme l’explique un chrétien de Wenzhou :

«Où sont ces personnes ? Nous ne savons pas, mais maintenant la plupart d’entre eux ont été placés sous  surveillance résidentielle au lieu de détention criminelle. Ceci est entièrement en dehors de la loi. Ce sont les actions de régimes totalitaires. »

Dans la province du Zhejiang, plus de 1700 églises ont été démolies et les croix enlevées dans le cadre d’une campagne d’un à trois ans du gouvernement destinée à faire disparaître toutes les « structures illégales ».  Sous des aspects de lutte contre l’illégalité, se cache la volonté des autorités chinoises de lutter contre l’influence croissante du christianisme dans le pays.

Après s’être attaqué aux bâtiments et aux symboles chrétiens,  le gouvernement a accru la persécution contre l’église puisque de nombreux pasteurs ont été capturés :

« Les fonctionnaires sont de plus en plus arrogants et puissants. La chose dont nous avons le plus besoin est d’avoir des personnes qui vont se lever pour empêcher ce genre de choses de se produire. Pouvons-nous nous battre pour leur libération ? »

La détérioration de la situation des droits de l’homme en Chine a été soulevée le mois dernier lorsque le président Xi Jinping a fait sa première visite d’État à Londres. Considéré comme ayant une approche totalitaire à différents niveaux, les actions du président chinois sont une source de préoccupation importante pour la communauté religieuse du pays.

Isabelle Goepp

Diplômée d'un master II de psychologie de l'éducation, Isabelle a travaillé pendant une vingtaine d'année dans le domaine médico-social. Désireuse d'approfondir sa connaissance de la Parole de Dieu, elle s'est formée pendant un an à l'Institut Biblique Européen.

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