Chrétiens persécutés

Le journaliste chrétien Bishoy Boulos maintenu en prison

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Si un certain nombre de journalistes de grande envergure viennent d’être graciés par le président égyptien Abdel Fattah Al-Sisi au cours du sommet de l’ONU qui se tient actuellement à New York, un journaliste chrétien ayant édité plusieurs rapports sur les attaques contre les églises dans ce pays est quant à lui toujours en prison.

Bishoy-BoulosLe journaliste Bishoy Boulos, musulman converti au christianisme ne fait pas partie de la liste des 100 journalistes célèbres qui ont été graciés par le Président égyptien Abdel Fattah al-Sisi pendant le sommet de l’ONU qui se tient actuellement à New York.

Raisons du maintien en détention de Bishoy Boulos

Si, pour Paul Robinson, le directeur général de l’organisation « Release International » la libération de près de 100 journalistes d’envergure est une excellente nouvelle,  l’Égypte doit également libérer Bishoy Boulos en vertu de ses promesses de garantir la pleine liberté religieuse.

Selon cette organisation qui lutte au côté de l’Église persécutée, la détention de Bishoy Boulos aurait plus à voir avec sa conversion au christianisme qu’à une infraction présumée du code de l’information.

Bishoy Boulos est un journaliste qui a signalé l’incendie  de plusieurs églises et des attaques perpétrées contre les chrétiens en Égypte. Suite à son reportage sur le sujet, il a été accusé d’espionnage, de « porter atteinte aux intérêts nationaux de l’État »,   d’attiser les tensions sectaires à travers le partage de l’évangile et de non détention de la licence de photographe et de journaliste. Il est arrêté en décembre 2013 par le gouvernement de Minya.

Selon son ancien avocat Mamdūh Nakhlah, si personne d’autre n’avait travaillé comme journaliste à Minya, aucune accusation n’aurait été déposée contre lui.

Selon l’organisation, Bishoy aurait dû être libéré en mai, mais en raison d’une nouvelle accusation de blasphème contre l’islam retenue contre lui, il a été maintenu en prison.

Histoire  et conversion de Bishoy Boulos

Bishoy Armia Boulos qui est né en 1982 à Port-Saïd sous le nom de Mohamed Hegazy en Égypte se convertit au christianisme en 1998 à l’âge de 16 ans. Après sa conversion, il est arrêté de nombreuses fois et torturés dans le but de le faire renoncer à sa foi en Jésus-Christ. Mais Bishoy Armia Boulos plus connu sous le nom de Bishoy Boulos, persévère dans sa nouvelle foi.

En 2007, il est le premier chrétien égyptien à prendre un avocat pour demander un changement de statut religieux de musulman à chrétien sur sa carte d’identité. C’est à ce moment là qu’il change également de nom. Les conséquences sont dramatiques. Il est menacé de mort, des savants islamiques demandent son exécution et une loi paraît dans le pays qui autorise l’exécution de musulmans qui se convertissent au christianisme.

Sa femme, Christine devient également chrétienne. Le couple qui est rejeté des deux côtés de la famille, reçoit alors des menaces de mort, les obligeant à rentrer avec leur fille Miriam dans la clandestinité.

Arrêté en décembre 2013 pour avoir porté atteinte aux intérêts nationaux de l’État, un nouveau chef d’accusation de blasphème contre l’islam est porté contre lui peu de temps après et vient alourdir encore davantage son dossier.

Aujourd’hui, et ce malgré la clôture de l’enquête sur l’accusation de blasphème contre l’islam dont il fait l’objet, explique l’avocat du journaliste chrétien, Bishoy Boulos n’a toujours pas été libéré. Une plainte formelle auprès du procureur général de l’Égypte sur le maintien en détention et le traitement de son client a donc été déposé.

La liberté religieuse dans la nouvelle constitution égyptienne, une réalité ?

Le cas de Bishoy Boulos jette le doute sur l’assurance de la liberté religieuse dans la nouvelle constitution de l’Égypte, et reflète la vulnérabilité persistante des chrétiens en Egypte – en particulier ceux d’origine musulmane, a affirmé Paul Robinson.

Selon le directeur de « Release International », la persécution continue de Bishoy Boulos révèle deux choses au moins. Premièrement que les autorités égyptiennes sont réticentes à affronter la réalité des attaques continues contre les chrétiens, et deuxièmement, que se convertir au christianisme constitue encore aujourd’hui un risque grave dans le pays, malgré la nouvelle constitution censée protéger la liberté religieuse.

« À moins qu’il n’y ait un mécanisme clair pour faire respecter les droits de la minorité chrétienne du pays, ces droits sont susceptibles de rester tout aussi théorique que par le passé  » , a t-il ajouté.

Isabelle Goepp

Diplômée d'un master II de psychologie de l'éducation, Isabelle a travaillé pendant une vingtaine d'année dans le domaine médico-social. Désireuse d'approfondir sa connaissance de la Parole de Dieu, elle s'est formée pendant un an à l'Institut Biblique Européen.

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