Actualité chrétienne

Les chrétiens en Inde

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Les agressions contre les chrétiens ont énormément augmenté zn Inde depuis l’accession au pouvoir de Narendra Modi. Cependant, la majorité des cas restent ignorés.

L’Inde est un Etat multiethnique en Asie du Sud. Avec plus de 1,2 milliard d’habitants, c’est le deuxième pays le plus peuplé du monde après la Chine. C’est aussi le berceau de l’hindouisme, du bouddhisme, du jaïnisme et du sikhisme. La diversité des peuples, des langues, des cultures et des religions dessine un tableau incroyablement fascinant. Mais elle rend aussi extrêmement difficile la tâche de gouverner cette population immense, 150 fois celle de la Suisse. A cela s’ajoute le système des castes, officiellement aboli en 1950 mais qui continue à marquer profondément la société.

Situation des chrétiens en Inde

Situation des chrétiens en IndeLa liberté religieuse est inscrite à l’article 25 de la Constitution indienne. Mais les inégalités perdurent entre l’hindouisme, religion d’Etat, et les croyances minoritaires, dont le christianisme. Ce n’est pas que l’hindouisme appelle directement à la violence, mais les extrémistes estiment que seuls les hindous sont de vrais Indiens et qu’eux seuls devraient vivre en Inde (idéologie dite Hindutva). Dans les régions reculées surtout, des groupes extrémistes agressent arbitrairement des minorités. Les victimes ne peuvent pas toujours espérer la protection de la police et des autorités. Au contraire, les agresseurs sont souvent protégés et les victimes traitées en coupables. Là où des religions vivaient naguère en bon voisinage, un profond fossé s’est creusé. Trop souvent, des membres des minorités sont intimidés, menacés, agressés voire tués par des voisins autrefois pacifiques. Dans ces régions, la peur des agressions est omniprésente et représente une pression énorme.

En mai 2014, Narendra Modi a été élu Premier ministre. Auparavant, il avait été secrétaire général du Bharatiya Janata Party (BJP), le parti nationaliste hindou de la droite conservatrice, et avait dirigé pendant 11 ans le gouvernement de l’Etat indien du Gujarat. Il se présentait comme leader pro-hindou et propageait l’idéologie du Hindutva. Il avait joué un rôle douteux dans le massacre de plus de 1000 personnes en majorité musulmanes dans l’Etat du Gujarat. (Le tribunal l’a blanchi de toute complicité.) Dès avant les élections de 2014, les craintes se sont accrues chez les chrétiens, les musulmans et divers groupes tribaux quant à une aggravation de la situation pour les non-hindous. Extérieurement, Modi est un brillant orateur, présentant bien, sûr de lui, promettant la croissance économique et la prospérité. Après les excellents résultats obtenus par l’Inde l’année dernière, le monde économique a réagi avec soulagement et de manière favorable. Aux hommes d’Etat étrangers, Modi fait l’impression d’un homme sérieux et compétent.

Ce qui ne progresse pas, ce sont les droits des minorités. Quasiment personne à l’étranger, ni même dans les hautes castes en Inde, n’a envie de jeter un œil dans les coulisses du succès et d’aborder le sujet gênant des violations des droits de l’homme.

John Dayal, activiste chrétien des droits de l’homme, journaliste et membre du Conseil national pour l’Intégration, s’implique infatigablement et au péril de sa vie pour les droits des minorités et des dalits (les hors-castes, en bas de l’échelle sociale). D’après lui, les agressions contre les chrétiens ont énormément augmenté depuis l’accession au pouvoir de Narendra Modi. Cependant, la majorité des cas restent ignorés. Pour beaucoup de minorités, les agressions physiques, les assassinats, les menaces, la discrimination à l’école et au travail, les arrestations arbitraires de croyants, la destruction de maisons et d’églises et les conversions forcées font partie de la triste réalité quotidienne. Il est donc essentiel d’informer beaucoup mieux le public de cette réalité et de soutenir les avocats, les activistes et les ONG dans leur engagement souvent difficile et dangereux en faveur des droits des minorités.

Six des Etats de l’Inde ont adopté des «lois sur la liberté religieuse», aussi appelées plus justement lois anti-conversion. Elles sont censées empêcher que des
conversions soient obtenues par des moyens malhonnêtes. Mais en réalité elles ciblent les hindous qui voudraient changer de religion et leur imposent de gros
obstacles. Dans ces Etats, on ne peut plus vraiment parler de liberté religieuse. Il est donc essentiel que tout un réseau d’avocats s’engagent pour l’abolition de ces lois anti-conversion.

Dans la capitale New Delhi, cette année, plusieurs églises ont été attaquées ou même détruites. Les violences ne touchent plus seulement les régions rurales, à
l’abri du regard des autorités; elles se produisent maintenant au coeur même du pays. C’est un signal très fort de la part des groupes hindous extrémistes.
Jusqu’à présent, ces cas n’ont pas été éclaircis, grâce à d’innombrables manoeuvres pour les étouffer. Les maigres moyens d’enquête de la police encouragent tous les groupes extrémistes à poursuivre leurs exactions contre les minorités. Grâce à Dieu, plusieurs ONG en Inde même travaillent en faveur des droits des minorités. Mais elles sont parfois dépassées par le nombre et la gravité des agressions. Il est donc essentiel qu’elles reçoivent un appui de l’étranger, que ce
soit au niveau politique le plus élevé ou par la diffusion de l’information et une aide financière.

Prières et actions de grâce

Prions
– Pour que le Premier ministre Narendra Modi promeuve la coexistence pacifique de toutes les religions et que la persécution des chrétiens prenne fin.
– Pour le réseau d’avocats qui milite en faveur de la liberté religieuse et de l’abolition des lois anti-conversion.
– Pour que malgré les conditions difficiles et souvent intolérables, les chrétiens soient un témoignage aux yeux des autres.
– Pour toutes les ONG et les activistes qui s’engagent pour les droits des minorités.

Rendons grâces
– Pour tous les chrétiens qui résistent à la pression et s’en trouvent même fortifiés dans leur foi.
– Pour la solidarité entre les chrétiens.
– Pour les organisations, les avocats et les activistes qui s’investissent pour les droits et la protection des membres des minorités.

Formé à Lee University, Aloys Evina est pasteur de l'Eglise de Dieu en France, membre de la Fédération Protestante de France (FPF) et de la Church of God (Cleveland, Tennessee). Il est exerce son ministère pastoral à La Rochelle, dans le Sud-Ouest de la France.

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