Théologie

« Il te manque encore une chose » (Marc 10:21)

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Jésus se mettait en route vers Jérusalem, quand un homme accourut vers lui pour poser une question sur la vie éternelle. C’est donc dans le contexte de la montée vers la croix que se situe cet épisode. « Comme Jésus se mettait en chemin, un homme accourut, et se jetant à genoux devant lui[…] Ils étaient en chemin pour monter à Jérusalem. » (Marc 10:17,32)

Jésus se mettait en route quand un homme accourut vers lui, se mit à genoux et lui demanda: « Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? » (Marc 10:17).

Le jeune homme qui pose cette question appartenait à la classe des chefs de la nation juive, une place très recherchée par tous ceux qui ont soif d’exercer de l’autorité(Luc 18 : 18). Il était « très riche » (Mathieu 19:22 Parole Vivante). Rien de comparable avec les nombreux pauvres qui l’entouraient, privés même parfois du strict nécessaire.

L’attitude de cet homme montre qu’il n’était pas dénué d’humilité, bien que les Évangiles synoptiques soulignent qu’il faisait partie des chefs du peuple et qu’il était extrêmement riche, il se mit à genoux devant le Seigneur et lui posa cette question : « Que dois-je faire pour hériter la vie éternelle? » Cet homme ne demande que la vie éternelle: être avec Dieu. C’est donc avec sincérité et ferveur qu’il adressa cette question qui avait tant d’importance pour son âme.

« Jésus lui dit: Pourquoi m’appelles-tu bon? Il n’y a de bon que Dieu seul. Tu connais les commandements: Tu ne commettras point d’adultère; tu ne tueras point; tu ne déroberas point; tu ne diras point de faux témoignage; tu ne feras tort à personne; honore ton père et ta mère. » (Marc 10:18-19)

Curieusement, Jésus omet les commandements envers Dieu, les devoirs religieux auxquels on s’attendrait d’abord, pour insister sur les commandements envers le prochain.

L’homme répondit: « Maître, j’ai observé toutes ces choses dès ma jeunesse » (Marc 10:20), c’est-à-dire depuis qu’il avait fait sa Bar Mitzvah (בר מצוה), probablement à l’âge de treize ans. C’était un homme religieux et honnête. Le verset 21 dit que Jésus le regarda; littéralement: « il regarda dedans », d’un regard qui va jusqu’au fond et il l’aima. Il aima l’empressement de cet homme, son zèle, sa spontanéité, sa recherche de la vraie vie et sa fidélité à la Loi de Moïse.

Il te manque encore une chose

« Jésus, l’ayant regardé, l’aima, et lui dit: Il te manque une chose; va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens, et suis-moi. » (Marc 10:21)

Jésus voit en cet homme un Juif fidèle, qui aspire à la vie éternelle, qui s’est efforcé de garder la Loi, la seule voie qui lui a été enseignée pour parvenir à cette vie, mais qui se rend compte qu’il lui manque quelque chose (Marc 10:20). Ce qui lui manque c’est de suivre Jésus. Le renoncement à ses biens est, pour cet homme, la condition pour pouvoir le suivre, car tant que son cœur y reste attaché, il n’aura pas la disponibilité intérieure nécessaire. Lorsque Jésus lui demande de vendre tous ses biens et de donner l’argent aux pauvres, il n’obéit pas.Il échoue le test du renoncement soi.

« Une seule chose te manque! Va, vends tout ce que tu as, puis viens, suis-moi. »

A ces mots, l’homme devint sombre et s’en alla tout triste. C’est ainsi que Jésus a compris que la richesse était devenue une idole pour cet homme. L’argent était son dieu et il n’était pas prêt à renoncer à tout pour suivre Jésus. Sa fortune était le fardeau qui l’a empêché d’entreprendre le pèlerinage à la suite du Seigneur Jésus. Le renoncement à soi reste un défi pour tous ceux qui souhaitent être disciples de Jésus, un défi auquel il ne faudrait pas se soustraire.

Sommes-nous meilleurs que cet homme? Pas si sûr ! Ne sommes-nous pas, nous aussi, désireux de plus de richesse, plus de titres, plus de gloire, mais peu désireux de renoncer à nous-mêmes pour suivre le Christ?

La vie éternelle est gracieusement offerte à tous ceux qui croient en Jésus (Jean 3:16). Pour entrer dans la vie éternelle, il faut aimer Dieu plus que tout et son prochain comme soi-même, puis suivre Jésus librement en le préférant à tout.

Nous ne pouvons pas aimer Dieu de tout notre cœur et garder toutes nos richesses pour nous-mêmes alors que des êtres humains faits à l’image et la ressemblance de Dieu souffrent autour de nous. Si nous aimons vraiment le Seigneur, nous allons servir Dieu avec nos biens.

Comme pour certains d’entre nous, le prix de la vie éternelle paraissait trop élevé à cet homme qui s’en alla tout triste; « car il avait de grands biens » (Marc 10:22).

La richesse, un obstacle au salut ?

Après le départ de l’homme qui lui avait posé cette question, Jésus a dit à ses disciples qu’il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le Royaume de Dieu (Marc 10:25). Certains manuscrits de Marc 10:24 précisent : « qu’il est difficile à ceux qui se confient dans les richesses d’entrer… ». C’est difficile, mais non pas impossible!

La Bible contient de nombreux avertissements concernent le danger que représentent l’argent ou les biens matériels. Dans son sermon sur la montagne, le Seigneur Jésus met en garde contre l’avarice et l’inquiétude, et dit que l’argent érigé en idole (Mammon) détourne les affections, provoque la présomption, obscurcit la vue et dresse une barrière au service de Dieu (Matthieu 6 :19-34). Dans la parabole du semeur, l’attrait des richesses étouffe la Parole et la rend infructueuse (Matthieu 13 :22).

La richesse procure sécurité, réconfort, respect des autres, et elle engendre surtout la suffisance qui est contraire à la confiance en Dieu. Il est écrit :  » Parce que tu dis: Je suis riche, je me suis enrichi, et je n’ai besoin de rien, et parce que tu ne sais pas que tu es malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu…  » (Apocalypse 3:17).

Tout est possible à Dieu

Les disciples étaient troublés d’entendre Jésus dire qu’il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le Royaume de Dieu. Alors ils discutaient et se demandaient entre eux: « Mais alors, qui peut être sauvé? » Voilà où ce récit nous conduit : à la prise de conscience que personne ne peut faire son salut. Le mot salut comporte toutes les délivrances, aussi bien physiques, morales que spirituelles.

Jésus ne laisse pas ses disciples sur ce constat pessimiste. Il leur dit: « Cela est impossible aux hommes, mais non à Dieu: car tout est possible à Dieu. » (Marc 10:27) Dieu est infini, créateur, tout-puissant, omniprésent, omnipotent et omniscient. Il n’est pas limité par le temps et l’espace. Il connaît tout et il peut tout. Rient ne lui est impossible. Dieu peut faire passer un chameau par le trou d’une aiguille ; de même, il peut faire entrer un riche dans son royaume.

L’Évangile de Luc rapporte que des femmes riches ont pourvu régulièrement aux besoins du Seigneur Jésus et de ses disciples (Luc 8:3). D’autres riches comme Zachée, Nicodème, Joseph d’Arimathée, Publius et les « femmes pieuses de la haute société » dans Actes 13:50 (Segond 21) ont trouvé le chemin du salut tout en étant riches. Mais tous ces riches de l’Église primitive n’ont pas fait de leur richesse un obstacle entre eux et Jésus ; au contraire, ils l’ont mise à la disposition du Seigneur.

« Pour les hommes, cela est impossible »…, aussi impossible que fut pour Sara et pour Elisabeth la naissance d’un enfant dans leur grand âge, ou pour Marie qui devint mère alors qu’elle était encore vierge. « Y a-t-il rien qui soit étonnant de la part de l’Eternel? » (Genèse 18:14; Cp. Luc 137).

Formé à Lee University, Aloys Evina est pasteur de l'Eglise de Dieu en France, membre de la Fédération Protestante de France (FPF) et de la Church of God (Cleveland, Tennessee). Il est exerce son ministère pastoral à La Rochelle, dans le Sud-Ouest de la France.

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