Chrétiens persécutés

15 chrétiens pakistanais arrêtés pour avoir utilisé le terme “apôtre”

Chrétiens persécutés
  • Août 29
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Au Pakistan, dans la province du Gujarat, quinze chrétiens ont été arrêtés, détenus et giflés par la police pakistanaise pour avoir publié un dépliant décrivant un pasteur défunt comme ayant reçu le titre d’apôtre. Ils ont été accusés de blasphème sur la base d’une nouvelle législation dans le pays qui interdit la traduction en anglais de certains termes islamiques. Le mot apôtre en anglais fait en effet parti de la liste des mots islamiques interdits de traduction par le gouvernement pakistanais.

Selon un organisme qui travaille pour les chrétiens persécutés dans le monde, la “World Watch Monitor”, le mot «apôtre» est traduit «Rasool» dans la Bible en ourdou. Le titre «prophète» est quant à lui généralement traduit en ourdou par la racine arabe «nabi», mais le terme «Rasool» peut avoir le même sens. La revendication de l’apostolat ou du fait qu’un chrétien puisse être un prophète est considéré comme une insulte directe à Muhammad, le prophète de l’Islam qui est considéré comme le dernier apôtre et prophète d’Allah. Cette revendication est considérée comme un blasphème, qui sous la loi pakistanaise, est punissable de mort.

La nouvelle législation votée récemment et interdisant la traduction en anglais de certains termes islamiques, y compris des noms sacrés arabes et des mots comme “Allah”, “masjid,” “sala’at” or “rasool,” ne peut qu’ajouter à la persécution des chrétiens puisque l’accusation de blasphème ne s’appuie plus seulement sur ce qu’un chrétien aurait pu déclarer (les fausses accusations sont nombreuses) mais aussi sur la traduction anglaise de certains mots islamiques, ce qui est bien plus subtil.

A l’origine de l’arrestation des 15 chrétiens de la province du Gurjarat, la distribution de flyers dans des zones de la ville où de nombreux chrétiens y compris dans l’endroit où le fils du pasteur défunt, Younatan Fazal Gill et l’un des organisateurs du programme vivent. Ce dépliant édité par l’ “Église biblique de Dieu” un organisme protestant dans le Gujurat invitait à une cérémonie commémorant le décès du pasteur Fazal Masih. Sur ce flyers, on pouvait lire qu’à la fin de sa vie, le pasteur défunt pratiquait les dons de l’Esprit-Saint, et avait un don prophétique, un concept qu’on ne peut facilement traduire dans un contexte islamique.

Trois jours avant le début du programme, une femme musulmane et un commerçant ont lu le dépliant sur lequel apparaissait la traduction du mot “rasool” en anglais. Le commerçant se serait alors renseigné auprès du frère du défunt du titre d’ “apôtre” utilisé par les chrétiens. La réponse d’Imran Masih qui a indiqué que les chrétiens pouvaient utiliser cette description “biblique” a conduit à l’escalade de la situation.

Le 15 août, en effet, il a été annoncé à travers un haut-parleur d’une mosquée locale que les musulmans devraient se réunir pour parler de la question et la police a été appelée et a enregistré ce cas en vertu de la Loi antiterroriste de 2001, a fouillé les quartiers chrétiens et enlevé les tracts. Au cours d’une réunion de préparation le lendemain, certains organisateurs chrétiens du programme dont  le pasteur Gill Aftab, un autre fils du pasteur défunt, et trois autres ont été arrêtés.

Selon Mukhtar Mughal Khan, un leader politique chrétien et ancien conseiller municipal :

“La situation devenant tendue, même si il n’y a pas au d’incidents fâcheux, certains chrétiens ont commencé à quitter la région»

Le 21 août certaines femmes et des enfants ont été renvoyés après que des chrétiens aient  entendu que des musulmans extrémistes allaient attaquer leurs maisons. La police a bouclé la zone pour empêcher une telle attaque.

Il y a environ 500 maisons dans Mughal Colony dont 200 ménages chrétiens.

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