Actualité chrétienne

Les chrétiens fuient la Syrie

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Les exactions de l’Etat islamique envers les chrétiens de Syrie poussent de nombreuses familles chrétiennes à quitter leur pays. Deux tiers des chrétiens d’Alep ont fui cette ville qui comptait autrefois deux millions d’habitants.

Plus des deux tiers des chrétiens d’Alep ont quitté cette ville située dans le nord-ouest du pays. Cela est d’autant plus tragique que l’on connaît l’histoire familiale de ces chrétiens: ils sont presque tous des descendants des survivants du génocide de 1915. À l’époque, tandis que des centaines de milliers d’Arméniens déportés de Turquie vers la Syrie avaient péri lamentablement au cours du voyage, les survivants s’étaient établis à Alep et aux environs.

«Tous les chrétiens ayant reçu une bonne formation ont quitté Alep», explique Fadi, collaborateur d’une Église et partenaire de Christian Solidarity International. Il est resté fidèle au poste pour soutenir les autres chrétiens dans un climat de grande insécurité, au péril de sa vie et malgré les nombreuses privations.

Parmi ceux qui sont restés, il y a surtout des personnes âgées, pour la plupart handicapées. Les trois quarts des chrétiens qui appartenaient à son Église ont quitté la Syrie. «La plupart d’entre eux sont au Liban, d’autres ont émigré vers la Suède, l’Australie, la Belgique, l’Allemagne ou les États-Unis.» Il reste bien, dans son Église, quelques familles avec des enfants. «Mais quel avenir ont-ils?», demande tristement Fadi, sans attendre de répondre.

Depuis sept ans Kadir, marié et père de famille, est un ancien musulman devenu chrétien. En raison de problèmes de santé, il a dû renoncer à son travail d’artisan et ne vit que de petits boulots, car la situation de l’em­ploi est très mauvaise. Il peut à peine survivre.

Dans une interview accordée à l’organisation chrétienne « Aide aux Eglises Martyres » (AEM), Kadir (42 ans) dit qu’il vit dans des conditions misérables avec sa femme et leurs deux fils de 7 et 5 ans. « Nous vivons de pain et d’eau, parce qu’ici il n’y a presque pas de travail. Parfois nous ob­tenons de la nourriture provenant d’une église et quelques amis nous ont aidés lorsque nous avons eu besoin d’un traite­ment ou d’une visite médicale. » explique-t-il.

Ce que craint Kadir c’est de ne pas avoir d’emploi et donc tout sim­plement de ne plus arriver à survivre dans son village. « L’Etat islamique n’est pas loin et nous en avons peur », précise-t-il.

« J’avais l’habitude d’avoir un bon travail en tant que superviseur, mais maintenant je n’en trouve plus. Je suis un artisan expé­rimenté, mais j’ai des problèmes de santé. C’est pourquoi je suis à la recherche d’un autre emploi. Mais je ne trouve rien pour nourrir ma famille. »

Au nom de la fondation caritative Ré­seau d’espoir, l’AEM fournit des secours à près de quarante mille réfugiés d’Irak et de Syrie.

Formé à Lee University, Aloys Evina est pasteur de l'Eglise de Dieu en France, membre de la Fédération Protestante de France (FPF) et de la Church of God (Cleveland, Tennessee). Il est exerce son ministère pastoral à La Rochelle, dans le Sud-Ouest de la France.

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