Chrétiens du Soudan

Soudan : 12 chrétiennes forcées de se déshabiller après le culte

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Après avoir quitté une église baptiste au Soudan, douze femmes ont été arrêtées et forcées de se déshabiller par la police. Dix des jeunes-femmes ont ensuite été accusées de porter des vêtements immoraux ou indécents.

Les règles en matière vestimentaire sont très strictes à Khartoum, la capitale du Soudan, puisque la loi islamique autorise seulement les mains, les pieds et le visage à être découverts chez les femmes.

Les jeunes-filles qui ont été arrêtées après le culte à l’église baptiste El Izba à Khartoum étaient âgées entre 18 et 23 ans (trois d’entre elles étaient mineures) et portaient au moment de l’interpellation survenue le 25 juin des jupes et pantalons.

Selon l’ONG Christian Solidarity Worldwide, les 12 femmes ont été arrêtées pour cause d’indécence publique par la police de l’ordre public du Soudan. Afin de fournir des preuves au procureur, les agents de l’ordre les ont contraints à retirer leurs vêtements à la station de police, ce qui constitue un traitement dégradant.

L’article 7 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, que le Soudan a signé, défini en effet le fait de forcer des jeunes femmes à se déshabiller comme un traitement dégradant.

Les dix femmes accusées de porter des vêtements indécents ou immoraux en vertu de l’article 152 du Code pénal soudanais ont finalement été libérés sous caution et sont en attente des audiences. Les deux autres jeunes-filles ont été libérées sans aucune inculpation.

Selon l’ONG CSW, qui travaille à l’échelle internationale pour la liberté religieuse et les droits de l’homme, la police de l’ordre public au Soudan dispose d’un champ largement ouvert pour définir ce qui constitue des vêtements indécents ou immoraux.

Les avocats qui représentaient ces jeunes-femmes se sont posés la question suivante :

« Deux des femmes arrêtées ont été libérées. Qui a décidé que leurs robes n’étaient finalement plus immorales alors que lorsqu’elles avaient été arrêtées, les mêmes robes étaient considérées comme indécentes ? La loi doit être clarifiée. »

Le chef de la direction de la CSW Mervyn Thomas a déclaré être préoccupé par l’arrestation de ces 12 jeunes femmes dont trois pourraient être mineures, ce qui constitue une violation des articles 37 et 40 de la Convention relative aux droits de l’enfant, que le Soudan a signé.  La CSW a également appelé les autorités soudanaises à mettre fin aux accusations contre les jeunes femmes, à clarifier la loi afin d’assurer la cohérence et l’égalité devant la loi de tous les citoyens soudanais.

 

Isabelle Goepp

Diplômée d'un master II de psychologie de l'éducation, Isabelle a travaillé pendant une vingtaine d'année dans le domaine médico-social. Désireuse d'approfondir sa connaissance de la Parole de Dieu, elle s'est formée pendant un an à l'Institut Biblique Européen.

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