Société

Les lycéennes capturées par Boko Haram utilisées pour tuer des chrétiens

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Selon des témoins, les lycéennes de Chibok capturées en avril 2014 au Nigeria par Boko Haram ont subi un « lavage de cerveau » et appliquent les ordres de leurs ravisseurs en tuant des êtres-humains. Deux femmes qui ont réussi à fuir le groupe militant islamique dans ce pays ont en effet déclaré avoir vu un certain nombre d’anciennes élèves commettre des assassinats.

Les lycéennes capturées à Chibok en avril 2014 sont utilisées par Boko Haram pour tuer et devenir des bombes humaines

Les lycéennes capturées à Chibok en avril 2014 sont utilisées par Boko Haram pour tuer et devenir des bombes humaines

Une des jeunes femmes capturée en 2014 qui a réussi à s’échapper a expliqué à la BBC comment elle a été forcée, à l’âge de seulement 17 ans, d’épouser un militant de Boko Haram et se retrouve enceinte. Elle rapporte également que certaines des lycéennes de Chibok, isolées des autres captifs, ont subi un « lavage de cerveau » en entendant le message suivant :

« Vous, les femmes devez apprendre de vos maris parce qu’ils donnent leur sang pour soutenir une cause. »

Elle explique ainsi que les militants de Boko Haram les obligent à tuer pour Allah et raconte par exemple comment les jeunes lycéennes ont dû tuer plusieurs hommes chrétiens de son village :

« C’était des hommes chrétiens. Ils ont forcé les chrétiens à se coucher et ensuite, les filles leur ont coupé la gorge ».

Une autre rescapée de 16 ans explique qu’elle a vu une écolière de Chibok se comporter comme n’importe laquelle des épouses des militants de Boko Haram et a ajouté :

« Nous avons plus peur des épouses que des maris ».

Anna, une femme de la soixantaine, qui a également été prise en otage par Boko Haram pendant cinq mois a aussi témoigné du fait que les écolières de Chibok devaient porter des armes et étaient décrites comme des « enseignants » par les militants.

Les lycéennes devaient enseigner différents groupes de femmes et de jeunes-filles à réciter le Coran. Celles qui ne parvenaient pas à réciter le Coran étaient fouettées par les filles Chibok a encore affirmé Anna. Elle aussi a vu des écolières commettre des assassinats.

Selon le directeur africain d’ Amnesty international, Netsanet Belay, l’enlèvement et la brutalisation des femmes et des jeunes filles semble faire partie du « modus operandi » de Boko Haram ».

Pour les 300 femmes et enfants sauvés qui sont actuellement suivis par le programme de lutte contre la violence et l’extrémisme au Nigeria, il n y aurait pas, selon le Dr Fatima Akilu qui appartient à cet organisme, de signes de radicalisation mais cette possibilité n’est pas à exclure a-t-elle encore déclarée.

« Dans les situations de détention, beaucoup d’histoires ont été relatées par des personnes capturées qui s’identifiaient avec leurs ravisseurs. »

Certaines jeunes filles ont été utilisées comme des kamikazes par Boko Haram, et la crainte aujourd’hui c’est que des écolières capturées de Chibok puissent faire partie de ces femmes.

Yusuf Mohammed qui travaille avec les jeunes touchés par un traumatisme à Maiduguri, a déclaré :

« Les militants estiment qu’il est plus facile d’intimider et de faire subir un lavage de cerveau à des jeunes filles qu’à des femmes adultes. Par ailleurs, ces filles ne coûtent pas cher, et la plupart d’entre elles sont extrêmement fidèles.. « 

 

Formé à Lee University, Aloys Evina est pasteur de l'Eglise de Dieu en France, membre de la Fédération Protestante de France (FPF) et de la Church of God (Cleveland, Tennessee). Il est exerce son ministère pastoral à La Rochelle, dans le Sud-Ouest de la France.

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