Société

Fusillade de Charleston : les leaders chrétiens appellent à la repentance

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La tuerie dans l’Église afro-américaine de Charleston qui a fait neuf morts mercredi dernier a relancé le débat non seulement sur le port d’armes mais aussi sur les relations entre les différentes races en Amérique. Après ce drame dont l’origine est raciste, de nombreux leaders chrétiens américains ont également appelé l’Église à reconnaître son rôle historique dans l’oppression du peuple noir et à se repentir.

Charleston, une ville portuaire par laquelle les Africains arrivaient pour être utilisés comme esclaves est un lieu très symbolique pour une attaque raciste, ceci d’autant plus que l’Église dans laquelle a eu lieu la fusillade est la plus ancienne communauté noire au sud de Baltimore. C’est aussi au sein de cette église qu’un soulèvement d’esclaves menée par l’un des fondateurs de l’église, Denmark Vesey était planifié en 1821. Le complot a été déjoué avant le soulèvement et Vesey a été pendu pour son action.

Historiquement, il est douloureux de constater que souvent des textes bibliques ont été utilisés pour justifier la traite des esclaves, particulièrement dans les États du Sud au 19ème siècle où l’esclavage était très développé. Un texte notamment, celui de genèse 9 v 20 – 27, l’histoire de Noé et de ses trois fils appuyait les thèses esclavagistes.  Connu sous le nom de la « malédiction de Cham », l’interprétation de ce texte faisait dire que comme Noé a maudit Cham en disant : « Maudit-soit Canaan (le fils de Cham), qu’il soit l’esclave des esclaves de ses frères » le peuple noir descendant de Cham devait être esclave.

D’autres textes ont été utilisé pour décréter que la Bible soutenait le commerce des esclaves, comme par exemple le fait que la Parole de Dieu parle d’esclaves honorant leurs maîtres. Dans Ephésiens 6 v 5, Tite 2 v 9 ou encore 1 Pierre 2 v 18, les chrétiens du sud de l’époque  interprétaient que l’esclavage avait été institué dans l’Ancien Testament et le Nouveau Testament. Pour les théologiens d’aujourd’hui, ces textes encourageaient simplement les esclaves à honorer Dieu dans leur situation.

Un certain nombre de chrétiens déclarent que l’histoire de l’oppression des noirs par les blancs a déjà été traitée. La Convention baptiste du Sud par exemple, a publié en 1995 sa résolution raciale et s’est repentie de son passé. D’autres Américians blancs ont déclaré que si les choses étaient mauvaises dans le passé, le racisme faisait partie du passé, mais les choses sont différentes dans le monde contemporain où il y a l’égalité des chances;

Pourtant, les voix de leaders d’églises et de nombreux théologiens se lèvent depuis la fusillade de Charleston pour déclarer que la repentance historique ne suffit pas.

Le Révérend Dr Susan Brooks Thistlethwaite, professeur de théologie à Chicago Theological Seminary, a écrit par exemple que l’Église doit clairement déclarer que «la suprématie blanche est une hérésie ».

Tous sont d’avis de dire que si des symboles constituent un soutien pour les thèses racistes ils doivent être éliminés. Certains drapeaux confédérés ont ainsi été enlevés comme celui qui flottait sur la State House en Caroline du Sud à Columbia.

Les questions de l’inégalité raciale restent un sujet d’actualité en Amérique. Le drame qui s’est produit dans une église à Charleston a réveillé les consciences des chrétiens blancs en Amérique en permettant qu’ils revisitent à la fois leur passé et regardent au présent pour se lever et se battre pour la justice.

Isabelle Goepp

Diplômée d'un master II de psychologie de l'éducation, Isabelle a travaillé pendant une vingtaine d'année dans le domaine médico-social. Désireuse d'approfondir sa connaissance de la Parole de Dieu, elle s'est formée pendant un an à l'Institut Biblique Européen.

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