Chrétiens persécutés

Les chrétiens chinois remettent en place les croix sur les églises

  | 

Les chrétiens de la province de Zhejiang en Chine ont décidé de remettre les croix au sommet de leurs églises, bravant la colère des autorités. Depuis 2013, ce sont en effet près de 450 croix qui ont été enlevées des toits des églises dans cette province qui fait la guerre à tout symbole de christianisme.

La croissance des églises continue en Chine. Aujourd’hui, il y aurait environ 50 millions à plus d’une centaine de millions de protestants et près de six millions de catholiques dans le pays, gouverné par le Parti communiste qui compte 70 millions de membres. 1,2 million de chrétiens évangéliques adorent Dieu à Wenzhou, dans la province de Zhejiang, ce qui commence à inquiéter les autorités.

Dans la province de Zhejiang, le gouvernement a donc décidé de lutter non seulement contre les chrétiens appartenant aux églises de maison mais aussi contre les églises « officielles » en abattant les croix présentent sur de nombreux édifices, mais aussi en les détruisant, comme cela a été le cas récemment pour la grande église Sanjiang de type cathédrale dont les travaux venaient juste d’être achevés pour plus de 5 millions de dollars.

Le processus est toujours similaire : la police arrive à l’improviste (souvent de nuit) et supprime les croix des églises, pour faire respecter les nouvelles normes des codes du bâtiment et de l’architecture, ce que contestent certains spécialistes qui considèrent qu’une interdiction de toutes les croix présentes va au delà de ces règles. La nouvelle politique de construction exige que des croix de taille réduite soient placées sur le côté de l’édifice de la même couleur que le bâtiment, ce qui les rend difficile à voir.
Pour certains observateurs, ces destructions constituent une vaste opération anti-chrétienne.

Ces nouvelles normes ne sont en effet appliqués que pour les protestants et les catholiques, ce qui équivaut à une ingérence excessive du gouvernement sur les églises disent les chrétiens qui pourrait conduire, selon ses responsables, à provoquer des « conflits et du chaos dans l’exécution des offices religieux ».

Les pasteurs chrétiens craignent que cette façon d’agir ne soit que le début d’une plus grande répression sur la population chrétienne de la Chine. Des congrégations, comme celles de Whenzhou, ont par exemple été infiltrées pour permettre de discerner si les fidèles et leurs familles étaient du parti communiste ou non. Appartenir à une église officielle et au parti communiste en même temps est en effet strictement interdit en Chine.

Dans les villes de Lishui et Fuyang, les membres âgés de 16 églises ont décidé courageusement de ne pas laisser enlever les croix sur leur église et les ont remplacées plus de trois fois dans une seule journée, en utilisant du bois brut de remplacement. Les églises évangéliques de la région ont également envoyé une lettre ouverte au gouvernement pour déclarer que la politique menée pouvait provoquer le chaos et des conflits religieux. Une église chrétienne, celle de Chongyi à Hangzhou qui compte près de 10.000 membres a même affiché récemment une lettre de protestation sur son site web, fait rare dans ce pays, une publication qui a vite fait de disparaître.

L’Église Chongyi est pourtant favorable au gouvernement en place et a édicté « des règles qui respectent les traditions et les coutumes de toutes les religions» selon la Constitution. Les efforts visant à supprimer un symbole qui a été un signe de « la foi et l’amour pendant 2000 ans » au sommet d’églises montrent un manque de respect, peut-on lire dans cette lettre de contestation.

Isabelle Goepp

Diplômée d'un master II de psychologie de l'éducation, Isabelle a travaillé pendant une vingtaine d'année dans le domaine médico-social. Désireuse d'approfondir sa connaissance de la Parole de Dieu, elle s'est formée pendant un an à l'Institut Biblique Européen.

Aimez le Journal Chrétien !Vous aimez déjà ? Vous pouvez fermer cette page.