Chrétiens d'Orient

Egypte : des chrétiens coptes rentrent chez eux après une accusation de blasphème

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Contraints de fuir leur village après avoir été accusés de blasphème, cinq familles chrétiennes coptes d’Égypte ont pu regagner leurs foyers. Des violences avaient en effet éclaté dans le village de Kafr Darwish suite aux reproches faits à un homme du nom d’Ayman Youssef Tawfig portant sur la diffusion des caricatures insultantes du prophète Mahomet sur Facebook. Suite à ces allégations que le jeune homme a toujours nié, des jeunes musulmans locaux ont jeté des pierres et attaqué les maisons coptes avec des cocktails Molotov et mis le feu à d’autres.

Les maisons de chrétiens d'Egypte ont été incendiées après une accusation de blasphèmeMalgré des réunions de réconciliation entre les communautés musulmane et chrétienne mises en place dans la ville d’Al-Fashn attenante au village où ont éclaté les violences, malgré l’intervention rapide de la police et le soutien de certains voisins musulmans qui ont tenté de protéger les chrétiens, Ayman Youssef Tawfig accusé de blasphème, ses parents âgés et les familles de ses frères, soit au total cinq familles ont été contraintes de quitter le village à elles habitaient.

Selon l’ONG Christian Solidarity Worldwide (CSW), même après le départ de la famille du chrétien accusé de blasphème, les attaques ont continué puisque des  maisons ont été incendiées, des récoltes détruites et du bétail tué. Le Directeur de la CSW Mervyn Thomas a jugé inacceptable la façon dont les 5 familles ont été expulsées tout en déclarant que la gestion de cette situation mettait en évidence la façon dont la violence sectaire était traitée en Égypte.

Selon cette ONG, les réunions de réconciliation organisées par les autorités pour régler les tensions sectaires ne règlent pas en effet les conflits interreligieux,  mais perpétuent au contraire l’impunité pour les auteurs des violences, qui ne sont pas sanctionnés pour leurs méfaits. CSW lance donc un appel à mettre fin à l’utilisation de ces rencontres et à traduire les auteurs de violences en justice en ces termes :

«Nous exhortons le ministère de l’Intérieur et les autorités compétentes à mettre fin à l’utilisation des réunions de réconciliation pour régler les tensions sectaires, car ils perpétuent l’impunité pour les auteurs, qui ne font face à aucune conséquence pour leurs crimes. »

Grâce au Maire d’Al-Fashn, Ahmed Maher, et à Muhammad Selim du gouvernorat de Beni Suef, tout est rentré dans l’ordre puisque  des conditions optimales ont été mises en place pour que les familles puissent retourner dans leur village en toute sécurité. CSW encourage cependant à ne pas fermer le dossier trop vite mais à ouvrir une enquête pour traduire les auteurs des violences en justice et à veiller à ce que les cinq familles reçoivent une compensation adéquate aux tords subis.

Si l’Égypte a toujours été un lieu où régnait la violence sectaire, la brutalité des actions perpétrées par l’État islamique a réveillé les consciences et permis l’émergence d’ initiatives en faveur de l’unité. Des musulmans d’une ville au nord du Caire ont par exemple donné de l’argent pour la construction d’une église copte, des prêtres et des imams dans Minya, la province natale des chrétiens coptes décapités par l’EI ont lancé une initiative pour encourager la coexistence pacifique dans les écoles.

Isabelle Goepp

Diplômée d'un master II de psychologie de l'éducation, Isabelle a travaillé pendant une vingtaine d'année dans le domaine médico-social. Désireuse d'approfondir sa connaissance de la Parole de Dieu, elle s'est formée pendant un an à l'Institut Biblique Européen.

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